Pour cette matinée d’action, pas moins de 3 équipes composées de 14 tireurs ont été mobilisées sur le terrain. Les opérations se concentrent principalement sur des secteurs stratégiques de la commune de Schœlcher, notamment :
- Le quartier de Batelière
- Le secteur de Saint George
- Le quartier du Lido
- La plage de Madiana
- La batterie Sainte-Catherine
Cette initiative fait suite aux actions menées l’an dernier, au cours desquelles 213 iguanes avaient déjà été prélevés entre Schœlcher et Le Carbet. La tâche n’est pourtant pas aisée pour les tireurs. Face à un reptile coriace, les équipes doivent faire preuve de précision et s’accorder un temps d’adaptation pour « viser juste » armés de nouvelles carabines et munitions.
Pourquoi l’iguane vert est-il devenu un fléau ?
Introduis en Martinique dans les années 1960 par le père Pinchon (qui avait initialement un projet de zoo), l’iguane rayé s’est propagé à partir de deux lignées distinctes, l’une originaire du Mexique et l’autre de Guyane. À l’époque, considéré comme « le poulet des marins », il voyageait clandestinement ou volontairement sur les bateaux, comme a pu l’expliquer Marcel Bourgade, responsable coordination de la brigade d’intervention des espèces exotiques envahissantes végétales et animales du parc national de la Martinique. Il colonise aujourd’hui les milieux urbains à la manière des rats, se nourrissant dans les poubelles et les décharges.
Au-delà des dégâts visibles dans les jardins et les potagers, l’animal cause de réelles nuisances structurelles et sanitaires :
Destruction d’infrastructures : En creusant des terriers, il provoque des fissures sur les routes et détériore les réseaux électriques.
Menace pour la santé : Il peut être porteur de salmonelles et de bactéries, transmissibles à l’Homme lorsqu’il s’introduit dans les habitations.
Risque environnemental : Par un phénomène de surpâturage, il fragilise la mangrove en détruisant les palétuviers.
L’iguane des Petites Antilles en danger d’extinction
Le motif principal de cette campagne de régulation reste la protection de l’iguane pays (Iguana delicatissima), notre espèce endémique. L’iguane rayé d’Amérique du Sud représente sa plus grande menace. Non seulement il le prive d’espace et de nourriture, mais les deux espèces peuvent s’accoupler. Cette hybridation entraîne une perte irrémédiable du patrimoine génétique de l’espèce endémique.
Face à un rythme de reproduction alarmant (l’iguane rayé femelle pouvant pondre 80 à 90 œufs à raison de 3 pontes), les autorités s’appuient sur l’arrêté préfectoral nº 050589 du 28 février 2005. Ce texte autorise explicitement la destruction de spécimens d’Iguana iguana afin de prévenir les dommages majeurs à la faune indigène de la Martinique. L’opération de ce matin rappelle l’urgence de préserver l’équilibre fragile de notre écosystème.
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