« De la rigueur et des moyens » pour mieux traiter les dossiers d’agressions sexuelles en Martinique estiment le parquet et la gendarmerie

Rendre des comptes avant le 14 juillet prochain, c’est l’ultimatum posé par le gouvernement après le traumatisme suscité par l’affaire Lyhanna. Mais en Martinique, cette course contre la montre se heurte au manque de moyens.

« 700 procédures en cours, alors que par exemple, il n’y a pour le commissariat que 5 policiers en charge de ces procédures, ça va prendre encore plus de temps. Donc, les moyens pour y parvenir, c’est un peu plus compliqué, mais on s’y attelle. »

Patrice Camberou, procureur général de Fort-de-France (au micro de Céline Chalono).

Les justiciables réclament « de la rigueur »

Au-delà du manque de bras, la justice a son propre rythme, le temps de l’enquête n’étant pas celui de l’émotion. Pour le procureur, Yann le Bris, la rigueur reste le seul rempart contre l’erreur.

« La parole de l’enfant doit être recueillie, elle doit être analysée et elle a une valeur essentielle. Mais elle doit être corroborée par d’autres éléments d’enquête pour éviter un certain nombre d’erreurs judiciaires qu’on a pu connaître par le passé, qui conduisaient de manière trop rapide à des placements en garde à vue et à des mises en cause, lesquels s’avéraient par la suite catastrophiques. »

Le procureur de la République en Martinique, Yann le Bris (avec Céline Chalono).

La rigueur commence dès le premier signalement. Pour libérer la parole dans les classes par exemple, la gendarmerie entend déployer un dispositif plus conséquent.

« Des relais d’écoute et de prévention »

« On a mis en place un dispositif innovant, c’est-à-dire que ce sont des élèves un peu plus matures que les autres qui sont formés par la gendarmerie, pour être des relais soit d’écoute, soit de prévention, au profit de leurs camarades qui n’osent venir voir les gendarmes. »

Général Yvan Carbonnelle, commandant de la gendarmerie en Martinique (interrogé par Céline Chalono).

Détecter au plus tôt pour éviter l’engrenage, c’est aussi le défi de la police nationale. Face à la saturation des services, des renforts sont attendus dès la prochaine rentrée. L’objectif affiché est d’accélérer les procédures judiciaires et d’aider les victimes à se reconstruire.

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