Cours d’eau en Guyane : la biodiversité aquatique menacée par l’orpaillage et la déforestation, pointe un rapport
La terre d’eaux abondantes en Arawak, la Guyane possède 180 000 kilomètres de cours d’eau disponibles. Un chiffre qui la place au deuxième rang mondial, derrière l’Alaska et le Groenland, des pays riches en eau potable, selon le rapport d’information de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Les cours d’eau de notre territoire représentent ¼ du littoral national et abritent 50 % de la biodiversité d’eau douce française : notamment 500 espèces de poissons, dont 25% sont spécifiques à la Guyane. Quand l’état de l’eau se dégrade, la biodiversité va mal.
Les espèces aquatiques directement touchées
Les premières victimes de cette dégradation de l’eau : les espèces aquatiques. Le rapport alerte sur l’exploitation du bois pétrifié du lac de Petit Saut et ses conséquences, notamment sur ses loutres géantes. Celles de Guyane représentent 10 % de la population mondiale, d’après l’Office Français de la Biodiversité (OFB).
Selon l’Office de l’Eau de Guyane (OEG), sur les 39 stations du réseau de surveillance biologique, 72 % montraient un état dégradé du cours d’eau en 2023-2024. L’ichtyofaune (les poissons) est fortement affectée, tant dans sa diversité que dans sa structure. Dans le même temps, un quart des diatomées – microalgues unicellulaires composant l’essentiel des phytoplanctons – est considéré dans un état moyen à médiocre.
L’orpaillage illégal, toujours un fléau
Autre source de préoccupation : le mercure. Si sa présence naturelle dans les sols guyanais n’est pas nocive en l’état, elle le devient à cause des activités humaines. La déforestation provoquée par les orpailleurs illégaux, notamment, libère cet élément chimique dans les cours d’eau. C’est non loin de ces zones que l’activité se développe. S’ajoute au mercure naturel le mercure métallique, interdit en France mais utilisé par les orpailleurs illégaux, qui s’en procurent dans les pays voisins.
L’orpaillage détruit 100 kilomètres de cours d’eau par an en Guyane. Par ailleurs, environ 1 000 hectares de forêt sont rasés chaque année, dont la moitié provient de l’orpaillage légal, estime le rapport. Ces destructions déséquilibrent l’écosystème et impactent fortement la biodiversité.
« Une perte d’environ 10 % de la surface forestière entraînait un déclin de plus d’un quart de la faune aquatique (et de plus de 40 % des mammifères), ceci jusqu’à 90 kilomètres en amont des sites d’orpaillage. »
Extrait du rapport
Des propositions spécifiques à la Guyane
Parmi les 19 propositions faites à l’échelle nationale pour pallier les problèmes liés aux cours d’eau, 5 sont consacrées spécialement à la Guyane. Parmi elles, trois permettraient de préserver l’écosystème et les deux autres garantiraient une meilleure connaissance des cours d’eau du territoire.
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