Rolex, Dubaï… Ce facteur suisse volait de l’argent pour vivre dans le luxe

Un facteur suisse est dans le pétrin après avoir mis sur pied une série bien huilée de vols d’argent: son mode de vie luxueux, mais aussi un piège chimique sophistiqué mis en place par la police et la Poste l’ont piégé.

L’homme aurait détourné des milliers de francs en 2021.

Keystone

Un salaire de 4550 francs par mois et… une vie de nabab. Une Rolex à 13’600 francs au poignet, des vacances à Dubaï avec un vol en hélicoptère et une Lamborghini de location. C’était trop beau pour être vrai. Et en effet, quelque chose ne collait pas dans la vie de ce facteur.

Derrière ce style de vie étincelant se cachait une série de vols mystérieux dans un bureau de poste situé au bord du lac de Zurich. C’est là que travaillait l’homme qui a fini par être inculpé.

Enveloppes vides

Comme le rapporte le portail «Watson», tout commence en mars 2021. Une cliente signale à deux reprises la disparition de 15’000 francs commandés en espèces auprès de sa banque. Les enveloppes arrivent, mais complètement vides.

Quelques mois plus tard, en mai, un autre signalement est émis: deux personnes perdent 10’000 euros envoyés en recommandé par la même banque. Quelqu’un s’empare de l’argent, mais qui ?

Un appât chimique

La poste et la police décident d’agir ensemble. Le plan ? Un appât chimique imparable. Les experts préparent une enveloppe avec du nitrate d’argent: une substance qui laisse des taches sombres bien visibles au contact de la peau.

La première tentative échoue. Mais le 6 juillet 2021, le piège se referme. L’homme ne prend pas les quelque 3’000 francs introduits comme appât – il avait sans doute senti quelque chose – mais il est trop tard.

Le même jour, les agents remarquent les taches noires typiques sur ses mains. Des arrestations et des perquisitions à son domicile et à celui de sa compagne sont déclenchées. L’enquête fédérale démarre immédiatement.

L’homme est évidemment licencié séance tenante.

Revenus «alternatifs»

En 2025, la peine est prononcée: 12 mois de prison avec 40 jours de sursis et une amende de 100 francs suisses. Les chefs d’accusation sont le vol continu et la violation répétée du secret postal.

L’homme tente de se défendre: les taches sur ses mains, dit-il, «ne prouvent rien». Et pour expliquer son mode de vie, il invoque des revenus «alternatifs»: jusqu’à 15’000 francs par an provenant de jeux d’argent et 15’000 autres de la vente de vêtements de marque.

Mais les juges ne sont pas dupes.

Le Tribunal fédéral, dans son arrêt du 9 mars, confirme tout: trop d’indices accablants. Témoignages, présence sur les lieux, mouvements d’argent suspects et ce voyage de luxe à Dubaï juste après les faits. Le puzzle s’emboîte parfaitement.

Même le piège chimique est jugé légitime: pas de provocation illégale, l’homme a agi de sa propre initiative.

Un fait rare

La Poste garantit une tolérance zéro. Chaque rapport est vérifié et, si nécessaire, des mesures pénales et disciplinaires sont prises.

Avec plus de 44’000 employés, les cas restent rares : entre 2015 et 2024, écrit «Watson», il y aura en moyenne 17 condamnations par an.

Mais les auteurs ne sont pas toujours des employés: même les privés qui volent une lettre dans une boîte aux lettres violent le secret postal.

Dans le cas présent, le coupable se trouvait juste derrière le guichet. 


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.