Test ADN au Ghana : 2  enfants sur 5 ne sont pas de leurs pères déclarés par la mère


Au Ghana, les tests de paternité ne relèvent plus du simple phénomène viral ou des débats sur les réseaux sociaux. Ils s’imposent désormais comme un outil de clarification au cœur des dynamiques familiales. Un rapport publié par l’organisation Blueprint DNA révèle qu’en 2025, environ 42,3 % des tests de paternité réalisés ont conclu à une exclusion de paternité.

Présentées le 25 mars 2026 à Accra, au Ghana College of Physicians and Surgeons, ces données traduisent une évolution notable des comportements : un recours croissant à la science pour établir ou confirmer les liens biologiques. L’un des enseignements majeurs du rapport réside dans l’âge des enfants testés. Selon le Dr Abeiku Ghansah, directeur médical de Blueprint DNA, près de 59 % des tests concernent des enfants de moins de six ans.

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Cette tendance traduit une volonté des parents d’obtenir des réponses précoces, avant que ne se construisent des liens affectifs profonds ou que n’émergent des implications juridiques complexes. À l’inverse, lorsque les vérifications interviennent tardivement, les résultats apparaissent plus tranchés : les tests réalisés plus de dix ans après la naissance affichent des taux d’exclusion compris entre 53 % et 59 %.

Une démarche avant tout personnelle

Contrairement à une idée répandue, les tests de paternité ne sont pas majoritairement motivés par des procédures judiciaires ou administratives. Le rapport indique que 87 % d’entre eux sont effectués à titre privé, dans une logique de réassurance personnelle. Ce constat met en lumière la dimension intime de ces démarches, souvent liées à des doutes individuels ou à des tensions au sein des couples. Face à cette réalité, le Dr Ghansah appelle à un encadrement renforcé du secteur ainsi qu’à une meilleure sensibilisation aux impacts psychologiques et sociaux des résultats.

Des disparités régionales marquées

L’analyse met également en évidence des inégalités géographiques. Plus de 80 % des tests sont réalisés dans les régions du Grand Accra et d’Ashanti, les plus urbanisées et les mieux équipées en infrastructures médicales. Cependant, les taux d’exclusion les plus élevés sont observés dans les régions de l’Ouest, du Haut-Est et de la Volta. Ces disparités suggèrent que des facteurs tels que l’accès aux services, le coût, le niveau d’information ou encore l’urbanisation influencent fortement le recours aux tests ADN.

Au-delà des tests de paternité, la rencontre a également été l’occasion de présenter le test prénatal non invasif (NIPT). Cette technologie permet de détecter, dès la huitième semaine de grossesse, certaines anomalies chromosomiques comme la trisomie 21 ou le syndrome d’Edwards. Cette innovation marque une avancée significative pour le système de santé ghanéen, en offrant aux futurs parents des solutions de dépistage plus sûres, plus précoces et plus fiables.

Vers une banalisation des tests ADN

À travers ce rapport, Blueprint DNA entend apporter un éclairage fondé sur des données concrètes quant à l’évolution des pratiques liées aux tests ADN au Ghana. La hausse de la demande, portée à la fois par des motivations personnelles, des différends familiaux ou des impératifs juridiques, souligne l’importance de mieux comprendre ce phénomène.

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Désormais, les tests ADN s’inscrivent dans le quotidien de nombreuses familles ghanéennes. Bien au-delà du sensationnel, ils deviennent un instrument de vérité, mais aussi un facteur de recomposition des relations familiales.

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