Le crabe des neiges est finalement arrivé dans les poissonneries du Nouveau-Brunswick. Les prix offerts aux clients varient autour d’une vingtaine de dollars la livre, pour l’instant. Ce prix évoluera sans doute, car l’industrie, sous pression, est sur le qui-vive devant une demande moins grande.
Il s’agit des premiers débarquements des pêcheurs du nord de la province à se retrouver dans les poissonneries. Même si la pêche a débuté il y a environ une semaine, les pêcheurs ont dû rester en mer plus longtemps afin de revenir à quai avec une meilleure cargaison.
Il n’a pas été possible de connaître le prix offert à ces pêcheurs au moment d’écrire ces lignes. Ce prix est toutefois dicté par le marché, comme l’explique Joanne Losier, directrice générale de l’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick.
Tout de suite, je vous dirais qu’il y a de l’inquiétude
, dit-elle. Il y a beaucoup d’usines [de transformation] qui trouvent que le marché est très lent, qui ont peu de demandes, il y a certains cas qui ont très peu, sinon pas de commandes à ce jour.
Des acheteurs américains frileux
Plus de 90 % du crabe transformé dans la province est vendu aux États-Unis. Joanne Losier explique qu’actuellement, les acheteurs américains ne sont pas portés à dépenser plus qu’il ne le faut, en raison de la situation économique difficile et du conflit au Moyen-Orient.
Joanne Losier, directrice générale de l’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
Les consommateurs américains sont sous forte pression, leur degré de confiance dans leur capacité à dépenser est à des niveaux les plus bas qu’on a jamais enregistrés.
Le crabe étant un produit de luxe, quand ton budget est serré, tu te paies des traites moins souvent, c’est aussi simple que ça.
Ainsi, devant une demande moins forte et peu de commandes, les usines de transformation ne pourront pas continuer à offrir le même prix aux pêcheurs que lors des derniers débarquements.
Ça nous fait dire que […] le prix aux pêcheurs a atteint une limite et ça crée beaucoup beaucoup d’inquiétudes tout de suite.
Les leçons de 2022
Comme tout le monde dans l’industrie, Joanne Losier se souvient de la saison 2022. Le prix consenti par les acheteurs américains était très élevé en début de saison, soit environ 8 $ la livre.
Ce prix a ensuite eu des répercussions quant au prix sur le marché américain, autant dans les restaurants que la vente au détails.
Ici, au Canada, le prix a aussi augmenté, atteignant même 33 $ la livre en Gaspésie. Les consommateurs avaient alors décidé de bouder le crabe, trop dispendieux.
Les ventes ont diminué, les prix ont dégringolé, le marché s’est effondré.
C’est pour cette raison que l’industrie est sur un pied d’alerte. Elle ne veut pas revivre les répercussions de 2022.

Alors que la saison de crabe des neiges dans le sud du golfe a été lancée mardi dernier, les pêcheurs ont attendu à samedi avant de procéder aux premiers débarquements, comme ici à Caraquet.
Photo : Radio-Canada / Mario Landry
La demande pour le crabe des neiges dans les prochaines semaines sera donc déterminante pour toute l’industrie. Joanne Losier croit que tous les acteurs devront mettre de l’eau dans leur vin pour assurer la rentabilité de la saison.
On peut pas s’attendre que le prix qui est offert aujourd’hui restera à ce niveau-là et c’est ça les craintes, c’est que le prix se mette à descendre comme il a descendu en 2022.
18 $ la livre à Dieppe
Le prix dans les poissonneries du Nouveau-Brunswick au courant des derniers jours se situe autour de 17 à 20 $ la livre. L’an dernier, le prix au début de la saison variait entre 17 et 22 $ et avait descendu entre 14 à 17 $ la livre une dizaine de jours plus tard.
À la poissonnerie Big Fish de Dieppe, il en coûte 18 $ pour une livre de crabe des neiges cuit, lundi. Le crustacé provient de la Péninsule acadienne. Les acheteurs semblent être au rendez-vous.

Sophia Belliveau travaille au marché Big Fish de Dieppe. Elle témoigne de l’engouement des consommateurs pour les premiers débarquements de crabe des neiges.
Photo : Radio-Canada / Nouemsi Njiké
Ça va vraiment vite, c’est vraiment populaire en ce moment
, affirme une employée, Sophia Belliveau. Les gens sont très excités qu’on a reçu notre crabe, on a des appels à tous les jours.
Elle a bon espoir de recevoir des cargaisons fréquemment, mais tout dépend, bien sûr, de la récolte des pêcheurs.

Jacinthe Vautour est venue acheter du crabe lundi à la poissonnerie Big Fish à Dieppe.
Photo : Radio-Canada
À 18 $ la livre, Jacinthe Vautour s’est rendue à la poissonnerie pour s’en procurer.
C’est cher, mais tout le poisson est cher
, dit-elle. On se gâte des fois!
Avec les informations de Nouemsi Njiké
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