«Je pense que c’est tout simplement dégueulasse. Les conseillers sont restés assis et ont décidé de voter en faveur du projet sans rien dire. Ce n’est pas pour ça qu’ils sont là. Ce ne sont rien d’autres que des marionnettes.»
Shirley Fillmore est furieuse.
Au cours des 30 dernières années, la résidente du chemin Salisbury a profité d’une existence tranquille dans un secteur plus rural de la ville de Moncton.
Tout ça est sur le point de changer avec la construction prochaine d’un édifice de trois étages qui comprendra 36 unités de logement sur un terrain adjacent au sien.
«Il y a un autre terrain vacant de l’autre côté de la rue. Dès que les promoteurs vont voir ce premier projet, ils vont vouloir construire un autre édifice semblable. Au lieu d’avoir 36 unités de logement, nous allons nous retrouver avec plus d’une centaine», déplore-t-elle.
«C’est un voisinage familial, une belle petite communauté. Mais la circulation est complètement hors de contrôle sur le chemin Salisbury. Pouvez-vous imaginer ce qu’une centaine d’autres logements va causer comme problèmes?»

La citoyenne n’en revient pas que le conseil ait décidé d’aller de l’avant avec ce projet.
«Chaque jour, il y a un accident dans le carrefour giratoire du pont chaussée. Tout le monde est pressé de se rendre à Riverview et les embouteillages sont interminables. Lors des heures de pointe, c’est absolument impossible de sortir de notre entrée», précise-t-elle.
«Regardez ce que la Promenade McLaughlin est devenue. Est-ce que nous voulons pour le chemin Salisbury? C’est une disgrâce de voir que les citoyens sont ignorés.»
Gaston Daigle estime que ce genre de projet n’a pas sa place dans ce secteur tranquille.
«Je vis sur le chemin Salisbury depuis 25 ans et je crois que cet immense immeuble d’appartements ne s’intègre pas bien dans notre paysage actuel de maisons de campagne», avance-t-il.
«Je peux vous assurer que 100% des propriétaires actuels du chemin Salisbury ne sont pas favorables à ce projet. Je pense qu’ils (les promoteurs) devraient se limiter à des maisons individuelles ou peut-être à des duplex qui s’harmonisent avec l’aspect et l’ambiance actuels du secteur.»


Kennedy Kitchen et Corey Brideau représentaient un groupe de neuf résidents du voisinage.
«Notre opposition porte sur quatre aspects critiques dont l’impact n’a pas été pris en compte, soit la perte d’ensoleillement, les risques structurels, les zones tampon insuffisante et la surdensification du site.
«Bien que le projet puisse respecter les exigences minimales des règlements municipaux, les zones tampons actuellement proposées reposent sur des arbres à feuilles caduques qui n’offrent aucune protection visuelle pendant six mois de l’année et dont la hauteur est insuffisante pour protéger les balcons des deuxième et troisième étages», explique Kennedy Kitchen.
Kelly Fletcher craint de perdre sa belle tranquillité avec cette nouvelle structure.
«Notre famille a acheté notre propriété il y a plus de 30 ans et a choisi de s’y installer précisément en raison de la zone d’affectation «usage communautaire». Cette désignation a contribué à créer et à préserver l’environnement calme, stable et axé sur la communauté qui caractérise ce quartier depuis des décennies», précise-t-elle.
«Le rezonage de cette propriété pour permettre un développement en logements collectifs change fondamentalement ce caractère, au détriment des résidents de longue date et des familles qui ont consacré leur vie à ce quartier.»
Malgré l’opposition, le conseil municipal a décidé d’approuver ce changement de zonage, qui passe de SC (commercial de banlieue) à R3 (logements collectifs).
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