‘Africa Forward 2026’ et annonces phares de la première journée

L’Afrique a « besoin d’investissements » plutôt que d’aide publique, ont plaidé de concert ce 11 mai le Président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William S. Ruto, annonçant 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique, au premier jour du ‘Sommet franco-africain’ de Nairobi.

« L’Afrique, elle est en train de réussir » et « elle a besoin d’investissements pour être plus souveraine », a-t-il poursuivi. M. Macron a donc clôturé la première journée de ce Sommet par l’annonce de « 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique », estimant qu’ils vont créer « plus de 250.000 emplois directs en France et en Afrique ».

Il a martelé que les destins de l’Europe et de l’Afrique étaient liés: « Si vous échouez, on n’a aucune chance (…) Votre jeunesse quittera (vos pays) et on aura plein de tensions migratoires », a-t-il prévenu. Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, M. Macron a aussi assuré, dans un entretien publié par ‘The Africa Report’ et ‘Jeune Afrique’, que « le paradoxe » était « que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle ».

« L’Europe défend l’ordre international, le multilatéralisme efficace, l’Etat de droit, le commerce libre et ouvert », tandis que les Etats-Unis et la Chine « sont dans une logique de confrontation commerciale », sans respect des règles.

Emmanuel Macron participe à la session jeunesse du ‘Africa Forward: Inspirer et connecter’, lors du Sommet Africa Forward à Nairobi, le 11 mai 2026 au Kenya.

William Ruto a lui « félicité » son homologue pour ce « recalibrage de la relation entre la France et l’Afrique ». « Il est la seule personne du G7 qui parle la langue des Africains », a-t-il même lancé. Les deux dirigeants se retrouveront au Sommet du G7, mi-juin 2026 à Evian, en France, notamment pour faire avancer leur projet commun de réforme de l’architecture financière internationale, afin qu’elle favorise notamment l’investissement privé en Afrique.

M. Macron doit régulièrement répondre aux critiques sur les déboires de la France dans plusieurs de ses ex-colonies africaines, notamment depuis le divorce avec trois pays sahéliens, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, après les putschs de 2020 à juillet 2023. « La France, depuis 25 ans, elle est bousculée en Afrique », a martelé le Président français pour souligner la part de l’héritage des politiques passées dans la montée du sentiment antifrançais. « Et c’est normal, et c’est très bien! », s’est-il exclamé.

Il s’est affiché avec le Président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, malgré certaines tensions passées, et a annoncé qu’il irait à l’automne au Sénégal et en Côte d’Ivoire, pour une probable dernière tournée africaine avant la fin de sa Présidence dans un an. Autre motif d’espoir pour lui: selon un sondage ‘Ipsos Bva’ commandé par la diplomatie française, 74% des personnes interrogées dans neuf pays africains déclarent avoir une bonne image de la France, un chiffre qui atteint 78% chez les plus jeunes.

L’échantillon inclut l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Maroc ou encore le Sénégal, mais pas les pays sahéliens ni l’Algérie.

© Afriquinfos & Agence France-Presse

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