Quand on se base sur de faux rapports pour analyser une situation et faire des déclarations, ça ne peut donner que çà. L’eurodéputé Christophe Gomart est complètement passé à côté de la plaque. Il ne connait pas du tout le contexte actuel du Burkina Faso. Malheureusement, il n’a pas eu l’intelligence que requiert la prudence et le bon sens pour aller à l’information. La vraie. Si bien qu’on peut, en toute légitimité, conclure que sa déclaration devant le prestigieux Parlement européen et la résolution qui s’en est suivie, sonnent tout simplement comme une provocation à l’endroit des autorités burkinabè et de tout le peuple du Faso. D’où la vigoureuse réaction du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré.
Quand il parle d’isolement diplomatique du Burkina sur le plan international, qu’il consulte au moins la presse ou encore l’Intelligence artificielle pour savoir si ce qu’il dit est vrai. Les ambassadeurs se bousculent au palais présidentiel de Koulouba pour présenter leurs lettres de créance. En plus des traditionnelles ambassades, de nouvelles autres ont été créées. On peut comprendre que ça le fâche qu’entre le Burkina Faso et son pays, la France, les relations soient assez froides. Mais de là à généraliser et à parler d’isolement diplomatique, c’est faire preuve de mauvaise foi et de cécité intellectuelle.
Sur le plan sécuritaire, c’est plutôt le Burkina, le Niger et le Mali qui constituent la digue, restée infranchissable sans laquelle, toute l’Afrique de l’Ouest serait tombée entre les mains des groupes armés terroristes. Créés, approvisionnés en armement et continuellement soutenus en moyens de tout genre par ceux qui ont déclenché le conflit absurde en Libye qui a conduit à la chute du régime du Colonel Mouammar Kadhafi. En sa qualité de Général de l’armée française, si ma mémoire n’est pas courte, il doit en savoir quelque chose.
Les observateurs, les spécialistes de la sécurité et du terrorisme et les populations burkinabè sont unanimes à reconnaitre que n’eut été les actions engagées par le régime en place au Burkina Faso, le pays serait (comme le voulaient leurs suppôts) sous le contrôle des groupes armés terroristes. A défaut, il serait contrôlé par ceux que ces suppôts auraient voulus et choisis.
Sur le plan économique, le Burkina Faso est sur une bonne trajectoire. Cela a été signifié hier même par le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), venu rendre compte au Président du Faso de la situation économique d’ensemble des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
S’il s’agit des questions de pouvoir d’achat des ménages ou des conditions de vie de façon générale, les Burkinabè n’en souffrent pas plus que les Français et les Européens. Les Français ne mangent pas mieux que les Burkinabè. La France n’est pas moins endettée que le Burkina Faso. Elle n’emprunte pas moins cher que le Burkina Faso non plus.
Au Parlement européen, c’est dommage que le Général Christophe Gomart, bien connu pour ses déclarations sans aucun fondement et parfois très tirées par les cheveux, ait pu embarquer avec lui des députés d’Europe. Et les a amenés à adopter une résolution complètement en déphasage avec les réalités sur le terrain. Mettant sans doute mal à l’aise l’ambassadeur représentant de l’Union européenne au Burkina Faso.
Dabaoué Audrianne KANI
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