Avec le Chinamaxxing, la Gen Z occidentale fantasme le mode de vie à la chinoise sur TikTok et Instagram

Sur TikTok, Instagram ou X, une partie de la gen Z rêve du Far East. Depuis fin 2025, dans une trend appelée le « Chinamaxxing », les internautes occidentaux déclarent avec humour leur amour pour l’Empire du milieu. Le principe ? Mettre en scène dans de courtes vidéos un mode de vie qui reprend les traditions et les habitudes de consommation chinoise.

De jeunes internautes postent ainsi des clips où ils boivent de l’eau chaude au petit déj’, font du tai chi dans leur salon, manient les baguettes avec fierté ou enfourchent le dernier véhicule électrique chinois à la mode tout en arborant des vêtements aux codes esthétiques inspirés de l’Asie de l’Est. En légende, l’incontournable – « very Chinese time in my life » (« un moment très chinois de ma vie ») – devient une façon ludique de signaler, tantôt sur un ton, la présence de produits et de références chinoises dans leur quotidien occidental.

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Des milliers de vues sur les réseaux sociaux

Aux États-Unis, des créateurs de contenu influents ont repris et amplifié cette trend, transformant la blague en un hashtag viral, #Chinamaxxing, qui totalise des millions de vues. C’est, par exemple, le cas du comédien Jimmy O. Yang ou du streamer Hasan Piker, qui a encensé la vie en Chine lors d’un livestream à Pékin, sans préciser que le pays restait un régime totalitaire. La meilleure représentante, c’est peut-être Sherry Xi Rui, plus de 740.000 abonnés sur Tiktok, qui s’est fait pour spécialité de partager des petites recettes de grand-mère ou tradition quotidienne des Chinois.

Selon plusieurs médias, comme la BBC ou ABC, la popularité de ces contenus coïncide avec un certain désenchantement des jeunes générations sur le mode de vie occidental. Par opposition au « rêve américain », la Chine est décrite comme un « monde urbain » sûr, avec une technologie innovante. De là à faire un parallèle avec la situation sociale clivante aux Etats-Unis depuis la réélection de Donald Trump, il n’y a qu’un pas.

Ce n’est pas la première fois que les internautes occidentaux – ou plutôt américains – se fascinent pour la Chine. En 2025, l’application Xiaohongshu, plus connue sous le nom anglais « RedNote », avait connu une forte croissance de ses utilisateurs occidentaux, dans un contexte de menace d’interdiction de TikTok, aux États-Unis. Cette « migration » a contribué à une plus grande exposition aux contenus de lifestyle chinois pour des publics qui jusque-là n’étaient pas présents sur des réseaux chinois

Nouveau soft power

La tendance ne fait toutefois pas l’unanimité. Certaines personnes d’origine asiatique ou chinoises, y voient une forme de simplification ou de consumérisme culturel. Des coutumes millénaires sont réduites à des clichés esthétiques pour le scroll et le like. D’autres dénoncent une idéalisation naïve d’un État autoritaire sans remise en perspective.

Derrière les vidéos bon enfant et les codes du mème, le Chinamaxxing s’inscrit aussi dans une stratégie de soft power plus large. Là où le Japon, puis la Corée du Sud, ont envahi la pop culture depuis des décennies, la Chine manque encore un peu de capital sympathie. Et si le siècle chinois, c’était simple de tous finir convertis à boire une simple eau chaude au petit dej’ et aux gadgets domotiques ?


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