Chrismaël Marchand
Publié le
La Perle vient d’entamer son ultime voyage. Parti de Toulon (Var), son port d’attache, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de classe Rubis quitte donc le service opérationnel pour rejoindre Cherbourg (Manche), son berceau mais également sa tombe puisqu’il y sera démantelé et déconstruit.
Avec ce retrait, il ne reste donc plus qu’un seul SNA de 1re génération en service actif, l’Améthyste. Seulement, atteint lui aussi par la limite d’âge, il n’ira pas plus loin que 2027.
À l’heure actuelle, la Marine nationale dispose donc de seulement quatre sous-marins nucléaires d’attaque.
Clairement, le but est de ne jamais descendre sous ce seuil. Ce qui est le cas actuellement. En plus du vieillissant Améthyste, mis en service en 1992, trois SNA de classe Suffren sont, en effet, en activité : le Suffren, le Duguay-Trouin et le Tourville.
Seulement quatre sous-marins nucléaires d’attaque en service
Une situation déjà vécue par la Marine nationale à plusieurs reprises depuis 2022 et l’admission au service actif du Suffren, premier de série du programme Barracuda.
Cela s’explique par la mise à l’écart successive des Rubis au fur et à mesure des livraisons des Suffren. Mais aussi par le retard pris à ses débuts par le programme Barracuda.
La relève a donc dû être planifiée aux petits oignons entre la Marine nationale, la DGA (Direction générale de l’armement) et Naval Group afin d’harmoniser les calendriers et surtout ne pas trop perdre de capacité opérationnelle.
Heureusement, avec ses trois bâtiments dernier cri, la Marine française bénéficie à présent d’équipements haut de gamme, largement supérieurs à leurs prédécesseurs que ce soit en termes de technologie, d’autonomie ou d’armement.
Qui plus est, ils affichent une disponibilité à la mer remarquable, supérieure à 270 jours, selon leur concepteur et constructeur à Cherbourg, Naval Group. Soit un taux de disponibilité minimum de 74 %.
Néanmoins, ces machines de guerre ont besoin de souffler et doivent ainsi, chaque année, rester à quai pour un arrêt technique de dix semaines. Même si les plannings sont rationalisés, voilà qui complique la tâche de la Marine nationale pour assurer une présence constante à la mer.
L’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque au complet en 2030
S’agit-il d’ailleurs d’une mission impossible ? L’objectif est en tout cas quelque peu dégradé. Le format habituel de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) est, en effet, fixé à six unités. Ce qui n’offre pas vraiment de latitude à l’état-major.
Dans la pratique courante, deux sous-marins sont ainsi affectés à la protection des SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins), deux autres participent à des déploiements, dont celui du groupe aéronaval avec le porte-avions, et les deux derniers sont en entretien.
Depuis 2019 et le désarmement du premier Rubis, le Saphir, ce dispositif n’est de fait plus d’actualité. Il le redeviendra uniquement en 2030 lors de l’admission au service actif programmée du Casabianca, le dernier né des Barracuda. D’ici là, en ces temps de crise mondiale et malgré ce trou capacitaire, la France devra montrer les muscles.
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