Avortements clandestins en Côte d’Ivoire : 18 % des décès maternels inquiètent dans la Nawa


Les acteurs de la santé reproductive multiplient les initiatives pour lutter contre les avortements non sécurisés en Côte d’Ivoire. Dans la région de la Nawa, précisément à Logboayo, dans le département de Soubré, une importante séance de sensibilisation a été organisée le 2 mai 2026 par l’Organisation non gouvernementale Action pour l’enfant et la femme en Côte d’Ivoire (Apef-CI), en collaboration avec la Société de gynécologie et d’obstétrique de Côte d’Ivoire (Sogoci).

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Tous ensemble pour la consolidation des acquis et le renforcement du plaidoyer pour l’avortement sécurisé en Côte d’Ivoire (Teca-Rpas CI) ». Elle visait à informer les populations sur les dangers des pratiques clandestines et à promouvoir une meilleure connaissance des droits liés à la santé sexuelle et reproductive. Au cours des échanges, les initiateurs ont révélé des statistiques préoccupantes. Selon les données présentées, 18 % des décès maternels enregistrés en Côte d’Ivoire sont liés à des avortements non sécurisés. Une situation qui demeure une véritable préoccupation de santé publique, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’information et aux soins de santé reste limité.

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Les responsables du projet ont également mis en avant les insuffisances observées en matière de planification familiale. Le taux de prévalence contraceptive est estimé à 21 %, tandis que les besoins non satisfaits en planification familiale atteignent 22 %. Pour les experts, ces chiffres traduisent une faible couverture des services de santé reproductive et une méconnaissance persistante des méthodes contraceptives modernes.

Le directeur de l’Apef-CI, M. Yeboua Kouadio, a indiqué que ces statistiques justifient la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des populations. Il a particulièrement insisté sur la vulgarisation de l’article 427 nouveau du Code pénal ivoirien adopté en 2024, qui définit les conditions d’accès à l’avortement sécurisé.

Selon lui, plusieurs femmes ignorent encore les dispositions légales existantes, ce qui favorise le recours à des pratiques dangereuses souvent réalisées dans la clandestinité. « La maîtrise du cadre légal peut contribuer à limiter les risques et sauver des vies », a-t-il soutenu devant les participants. Les communications ont porté sur plusieurs thématiques, notamment les droits en santé sexuelle et reproductive, le cadre juridique national, les engagements régionaux de la Côte d’Ivoire ainsi que les grossesses en milieu scolaire. Les conséquences sanitaires, psychologiques et sociales des avortements non encadrés ont également été largement abordées.

Pour sa part, la coordonnatrice de l’Ong Coalition Namane, Oupoh Bernadette, a souligné que l’accès à l’information constitue un levier essentiel dans la lutte contre les avortements clandestins. Elle a toutefois relevé l’existence de nombreux obstacles, notamment les pesanteurs socioculturelles, les tabous et les barrières linguistiques qui freinent les actions de sensibilisation dans certaines localités.

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Au-delà des populations, le projet prévoit aussi des sessions de renforcement des capacités à l’endroit des acteurs impliqués dans la santé reproductive, notamment les forces de sécurité et les leaders communautaires. L’objectif est d’améliorer l’application des dispositions légales et de contribuer à la réduction durable de la mortalité maternelle en Côte d’Ivoire.

Afriksoir

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