Une nouvelle vague de dissolutions
Le régime au pouvoir au Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans le contrôle de la société civile. Mercredi, 118 associations ont été interdites d’exercer sur l’ensemble du territoire, selon un communiqué du ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo. Les autorités invoquent le non-respect des « dispositions légales en vigueur », sans donner davantage de précisions sur les motifs exacts de ces dissolutions.
Un cadre légal de plus en plus strict
Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une loi adoptée en juillet 2025, qui encadre strictement la liberté d’association. Le texte impose des obligations renforcées en matière de déclaration, de contrôle administratif et de conformité juridique. Officiellement, le gouvernement affirme vouloir améliorer la transparence, encadrer les financements et lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme.
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Des ONG dans le viseur du régime
Depuis plusieurs mois, les organisations non gouvernementales, notamment celles financées depuis l’étranger, sont dans le collimateur des autorités. Elles sont régulièrement accusées d’ingérence, voire de collusion avec des groupes jihadistes. Début avril, le régime avait d’ailleurs promis de prendre des mesures fermes contre ce qu’elle qualifie « d’officines impérialistes déguisées en ONG », après la publication d’un rapport critique de Human Rights Watch.
Un contexte sécuritaire et politique tendu
Le Burkina Faso est confronté depuis plus de dix ans à des attaques de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, qui contrôlent une partie du territoire. Dans ce contexte, le régime militaire, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022, assume une ligne souverainiste et sécuritaire. Le capitaine Ibrahim Traoré a récemment appelé les Burkinabè à « oublier la démocratie », illustrant un tournant autoritaire de plus en plus marqué.
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