Le Cameroun et le Maroc veulent relancer leur coopération bilatérale à travers la tenue prochaine de la troisième session de la Grande commission mixte entre les deux pays. L’annonce a été faite à l’issue d’une audience accordée, le 13 mai 2026 à Yaoundé, par le secrétaire général du ministère des Relations extérieures, Oumarou Chinmoun, à l’ambassadeur du Maroc au Cameroun, Abdelkader Jamoussi.
Selon le ministère des Relations extérieures, cette nouvelle session devrait se tenir « dans les prochaines semaines à Rabat ». Si elle se concrétise, elle interviendra quatorze ans après la précédente rencontre de ce niveau entre les deux États.
D’après les informations communiquées à l’issue de l’audience, le diplomate marocain est venu réaffirmer la disponibilité de son pays à accueillir cette troisième session, présentée comme une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre Yaoundé et Rabat.
La dernière Grande commission mixte Cameroun-Maroc remonte à septembre 2012. Organisée à Yaoundé du 5 au 7 septembre 2012, cette deuxième session avait permis une reprise du dialogue bilatéral après cinq années d’interruption. Les travaux avaient alors débouché sur la signature de cinq accords portant notamment sur la formation, l’artisanat, le commerce et les petites et moyennes entreprises.
À l’époque, le chef de la diplomatie marocaine, Saad Dine El Otmani, avait mis en avant la volonté des deux pays de renforcer leurs échanges économiques et d’élargir les domaines de coopération. La première session de cette Grande commission mixte s’était tenue en 2007.
Depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques en 1965, le Cameroun et le Maroc ont progressivement développé leur coopération à travers plusieurs accords couvrant des secteurs variés. Cette dynamique s’est particulièrement renforcée à partir des années 2000, avec la progression des investissements marocains au Cameroun.
Selon le Rapport sur le commerce extérieur en 2024, publié en août 2025 par l’Institut national de la statistique (INS), le Maroc occupait la quatrième place des fournisseurs africains du Cameroun en 2024, avec 0,9 % des importations africaines du pays.
Les échanges entre les deux partenaires portent notamment sur les engrais, les produits manufacturés et les services bancaires côté marocain, tandis que le Cameroun exporte vers le Maroc des matières premières telles que le bois, le cacao et le coton.
Au-delà du commerce, les investissements marocains se sont renforcés dans plusieurs secteurs jugés stratégiques au Cameroun, notamment la banque, l’assurance, les télécommunications, le BTP et la cimenterie. La coopération entre les deux pays s’étend également aux infrastructures portuaires, ferroviaires et aériennes.
Les deux pays affichent par ailleurs des ambitions communes dans des secteurs comme l’énergie, l’agro-industrie, le numérique et les infrastructures. Dans ce contexte, l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est perçue comme un cadre susceptible de favoriser l’intensification des échanges entre partenaires africains.
Les responsables camerounais et marocains ont également évoqué leur proximité de vues sur les questions liées à la préservation de la paix et au règlement pacifique des conflits.
La tenue annoncée de cette troisième Grande commission mixte apparaît ainsi comme un signal de relance à la fois politique et économique entre le Cameroun et le Maroc, après plus d’une décennie sans rencontre de ce niveau.
Patricia Ngo Ngouem
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