Cameroun : Non-participation des lions au mondial, la Fecafoot rejette en bloc les accusations de sabotage
La non-qualification des Lions Indomptables pour la Coupe du Monde 2026 continue de susciter la polémique au Cameroun. Près d’une semaine après le début du mondial, c’est désormais une bataille de communiqués qui s’est ouverte entre la Fédération Camerounaise de Football et un universitaire qui avait mis en cause sa gestion du dossier Marc Brys.
Tout est parti d’un débat diffusé sur Info TV (une télévision privée basée a Yaoundé). Mathias Éric Owona Nguini professeur d’université y a livré une analyse sévère de l’échec des Lions Indomptables, pointant des dysfonctionnements organisationnels qu’il attribue directement à la fédération. Selon lui, le sélectionneur belge Marc Brys aurait vu son travail entravé par l’institution elle-même, avec des conséquences concrètes sur la préparation de l’équipe : des stages mal organisés, des équipements promis aux joueurs mais jamais livrés, et des images de joueurs aperçus dans les rues de Yaoundé sans tenues appropriées.
Trois jours plus tard, le 19 juin 2026, la FECAFOOT a répliqué par voie officielle. Dans une « Mise au point » signée par son chef du département communication, Jean Marie Nkoussa, l’instance dirigeante qualifie ces déclarations de contre-vérités et affirme avoir pleinement assumé ses responsabilités tout au long du processus de qualification.
Deux versions, deux responsabilités
La défense de la fédération s’appuie sur un document antérieur à l’épisode actuel : une lettre datée du 4 juin 2024, dans laquelle le président de la FECAFOOT alertait déjà le ministre des Sports sur une série d’écarts imputés à Marc Brys. Le communiqué reprend cette ligne en détaillant les griefs reprochés au technicien belge : modification unilatérale, sans validation, de l’encadrement technique et administratif désigné par le Comité Exécutif en mai 2024 ; tensions avec une partie du staff et des joueurs ; et refus de collaborer avec le personnel fédéral mobilisé à l’hôtel Hilton pour l’accueil de la sélection.
Cette version contredit frontalement celle exposée par Owona Nguini, qui situe au contraire l’origine du problème du côté de la fédération elle-même, accusée d’avoir entravé le travail de l’entraîneur plutôt que de l’avoir soutenu.
Entre ces deux récits, un terrain reste largement inexploré dans la communication officielle : les accusations plus larges qui circulent depuis plusieurs jours concernant une gestion chaotique de la sélection — doubles réservations d’hôtels, conflits sur l’utilisation des équipements, ou encore le rôle exact joué par le ministre des Sports dans le pilotage opérationnel des Lions Indomptables. Le communiqué de la FECAFOOT ne répond pas à ces points précis ; il se concentre sur la défense de sa propre gestion administrative face aux choix prêtés à Marc Brys.
Sur le fond, la position de la FECAFOOT est sans ambiguïté : l’instance affirme avoir pleinement joué son rôle et refuse d’établir un quelconque lien entre sa gestion du dossier et l’échec sportif de l’équipe. Une manière de couper court à toute mise en cause institutionnelle, alors même que le débat public continue de chercher des explications à une désillusion qui prive le Cameroun d’une participation à un Mondial élargi à 48 équipes — un format qui, sur le papier, aurait dû faciliter la qualification.
Ce que cet échange ne tranche pas
Ce bras de fer entre une figure universitaire reconnue pour ses prises de position et l’institution sportive la plus exposée du pays a le mérite de mettre en évidence un fait simple : il n’existe à ce stade aucun récit consensuel sur les causes réelles de l’échec. Chaque partie défend sa version, documents à l’appui, sans qu’une instance extérieure — qu’il s’agisse du ministère, du Comité Exécutif ou d’un audit indépendant — n’ait pour l’instant tranché publiquement.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
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Par Koaci
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