L’impatience aux accents de complaisance envers la dictature sanguinaire de Paul Biya par certains partisans voulus du changement au Cameroun.
Dans un pays dont les ressortissants ne jurent que par l’apparence et les titres, le Président légitime en exil Issa Tchiroma Bakary s’est vraisemblablement fait des ennemis dans ses récentes nominations de ses représentants au sein des diasporas combattantes.
Il a sans nécessairement le vouloir fait des frustrés dans cette mouvance qui n’est pas aussi désintéressée qu’elle laisse penser.
En effet la frustration générée parfois par l’anonymat voire la marginalité de l’exil se manifeste aussi dans l’extrême personnalisation des débats sur les forums et réseaux sociaux, dont cette irrésistible envie qu’ont certains de se mettre en permanence en lumière ou en avant dans un combat pourtant collectif.
Faute d’avoir suffisamment identifié ce syndrome parmi certains de ses soutiens, mûs surtout par un besoin pressant d’immédiateté, Issa Tchiroma Bakary commence à en faire les frais.
Pourvu que cela n’altère pas l’envie profonde de changement au Cameroun, telle que l’a clairement exprimée l’écrasante majorité des Camerounais le 12 octobre 2025.
En effet, nous ne saurions sous-estimer la tâche qui nous incombe. Pas plus que nous ne devons jamais oublier que nous n’avons pas simplement affaire à un Nnôm Ngui sénile — englué dans un culte obscène de l’immortalité — mais bien à un système conçu pour sa propre survie, un système qui privilégie le maintien du régime au détriment du bien-être de l’État et du peuple.
Ainsi, nous ne devons pas nous laisser décourager par cette bataille de Sisyphe contre un système nourri par le pouvoir absolu, la corruption de haut niveau et de graves violations des droits humains — Un système qui s’efforce de détruire la confiance, de réprimer toute dissidence par la terreur et d’infliger des traumatismes durables.
En effet la dictature détruit également la confiance entre les citoyens en récompensant les délateurs, en instillant la paranoïa, et en brisant la cohésion sociale afin d’empêcher toute action collective. Car, sous un tel régime, beaucoup finissent par intérioriser cette oppression, souffrent de troubles psychiques, de stress post-traumatique et en viennent parfois à douter de leur propre intelligence.
La tâche est donc monumentale, et ce n’est pas le moment d’abandonner.
Institut du Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P – ICL2P
http://www.cl2p.org
English version
Sisyphus and the Nnom Ngui
The Impatience—Tinged with Indulgence Toward Paul Biya’s Bloodthirsty Dictatorship—Shown by Certain Self-Proclaimed Proponents of Change in Cameroon
In a country where citizens swear by appearances and titles, the legitimate President-in-exile, Issa Tchiroma Bakary, has likely made enemies through his recent appointments of representatives within the activist diaspora.
Quite possibly without intending to do so, he has created a sense of frustration within this movement—a movement that is not nearly as selfless as it purports to be.
Indeed, the frustration sometimes engendered by the anonymity—or even the marginality—of life in exile also manifests itself in the extreme personalization of debates on online forums and social networks. This is evident in the irresistible urge some individuals feel to constantly place themselves in the spotlight or at the forefront of what is, after all, a collective struggle.
Having failed to adequately identify this syndrome among certain supporters—who are driven primarily by a pressing need for immediacy—Issa Tchiroma is now beginning to pay the price.
Let us hope that this does not undermine the profound desire for change in Cameroon—a desire so clearly expressed by the overwhelming majority of Cameroonians on October 12, 2025.
Indeed, we cannot underestimate the task that falls to us; nor must we ever forget that we are not merely dealing with a senile Nnom Ngui—mired in an obscene cult of immortality—but rather with a system designed for its own survival, one that prioritizes the maintenance of the regime at the expense of the well-being of the State and the people.
Thus, we must not allow ourselves to be discouraged by this Sisyphean battle against a system fueled by absolute power, high-level corruption, and grave human rights violations — a system that strives to destroy trust, to repress all dissent through terror, and to inflict lasting trauma.
Dictatorship also destroys trust among citizens by rewarding informers, instilling paranoia, and shattering social cohesion in order to prevent any collective action; for, under such a regime, many eventually internalize this oppression, suffer from post-traumatic stress disorder, and come to doubt their own intelligence.
The task is monumental, and this is no time to give up.
The Committee for the Release of Political Prisoners Institute – ICL2P
http://www.cl2p.org
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