Depuis 2023, Caraquet compte trois parcs industriels: à celui qu’elle possède depuis longtemps se sont ajoutés Bas-Caraquet et Pokemouche. La Ville entend bien, dans ses efforts de développement économique, voir le dernier prendre de l’expansion. La question est même à l’étude.
Claude L’Espérance est le PDG d’Acadie Nor, un organisme qui gère le complexe industriel de Caraquet, et qui s’occupe, dans un mandat plus large, du développement économique de la municipalité. Il a indiqué à l’Acadie Nouvelle, jeudi, que Pokemouche fera l’objet d’une attention particulière.
«Il y a deux nouveaux parcs qui sont apparus à l’intérieur des limites de Caraquet (depuis le fusionnement). On travaillait déjà avec celui de Bas-Caraquet, mais pas celui de Pokemouche. Dans l’étude (qui vient d’être commandée) on veut voir les opportunités potentielles, surtout à Pokemouche.»
M. L’Espérance a précisé que les résultats de l’étude devraient être connus avant la fin de l’année.
«Il y a seulement une entreprise qui est installée là, mais on va voir le potentiel. Cette étude va nous éclairer», a-t-il repris.
À l’heure actuelle, la compagnie Jiffy Products, qui fabrique des produits à valeur ajoutée à partir de tourbe, est la seule à occuper le parc. Elle s’est installée, il y a quelques années, dans un vaste édifice qui appartenait autrefois à Fils Fins Atlantique, une entreprise de textile qui a quitté la région en 2009.
Un zonage dit «industriel» touche plusieurs terrains du coin, dont le principal accès a pour nom – sans surprise – «chemin Industriel».
Le PDG d’Acadie Nor a reconnu que la présence, à environ 5 km de là, de l’aéroport de Pokemouche, pourrait être un atout.
«Ce n’est pas impossible, a-t-il affirmé, mais je ne pense pas qu’à court ou moyen terme ça va être envisagé (la place de l’aéroport dans le développement du parc). Quand on voit ce qui se passe à Bathurst et dans les autres aéroports ruraux, ce n’est pas facile.»
«Mais ça pourrait être un peu différent (dans le cas de Pokemouche), a-t-il repris, parce qu’on parle d’un parc industriel, et on aurait un potentiel, possiblement de faire des choses, du fait que c’est tellement près (de l’aéroport).»
Un retour de la construction navale à Bas-Caraquet n’est pas exclu
D’importantes sommes d’argent ont été investies au parc industriel de Bas-Caraquet depuis le début des années 2000: on espérait alors en faire un centre naval digne de ce nom. En l’espace de quelques années, une barge de grande dimension et des navires y ont été construits, puis les chantiers ont fermé.
Pour Claude L’Espérance, le PDG d’Acadie Nor, qui veille désormais au développement économique de Bas-Caraquet, il faudra considérer d’autres options pour relancer ce parc, qui jouit d’un accès direct à la mer.
«On a parlé amplement du potentiel de la construction navale à Bas-Caraquet. Malheureusement, les choses ne sont pas allées dans cette direction. Il y a d’autres possibilités aussi, mais on n’a pas abandonné l’idée que la construction navale pourrait renaître. Ça fait partie des discussions.»
Le savoir-faire existe encore, a repris M. L’Espérance, mais il estime qu’on pourrait difficilement relancer cette industrie sans un investissement privé.
L’Acadie Nouvelle lui a demandé si des compagnies lui en parlaient. Il n’a pas voulu fournir de détails à ce sujet.
«Ça demande quelqu’un de la place, qui est vraiment embarqué, qui y croit, a-t-il cependant expliqué. Il y a encore des gens ici qui s’y connaissent, dans le métier, mais c’est une industrie qui demande des sous, beaucoup de sous. Par contre, dans la province et dans les Maritimes, on n’est pas les seuls qui pensent ainsi.»
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