Championnats d’Europe de judo: la surprise Auchecorne, Ngayap-Hambou revanchard… Deux nouvelles médailles pour la France en Géorgie
Deux médailles de plus dans la besace française ce samedi à Tbilissi. Melkia Auchecorne a récolté de l’argent pour son premier championnat d’Europe, tandis qu’après un début de journée poussif, Maxime-Gaël Ngayap-Hambou a arraché une médaille de bronze après l’argent en 2025. Récit.
Pas de médaille d’or, mais deux nouvelles breloques pour la délégation française ce samedi, avant-dernier jour des championnats d’Europe de judo (16-19 avril) à Tbilissi (Géorgie), portant le total à neuf.
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Auchecorne, l’histoire était presque parfaite
Une première grande finale, ça ne s’improvise pas. Manon Deketer l’avait payé au prix cher, vendredi, avec une attaque mal préparée et sanctionnée au sol. Melkia Auchecorne a vécu le même scénario dès le début de sa finale face à la Hongroise Szofi Ozbas. « Ce n’était pas le bon moment, pas la bonne attaque », reconnaît-elle.
Quand on pointe sa jeunesse (21 ans), elle concède que ça peut être le résultat d’une certaine inexpérience face à Ozbas, déjà titrée l’an passée. Jane Bridge, sa coach, balaye cet argument: « Ce n’est pas un manque d’expérience. Même si elle est jeune, ça fait des années qu’elle fait de la compétition. »
La pince d’Ozbas autour de la poitrine et de la tête de la judoka de Chelles la poussera à abandonner. « Je pensais que j’allais pouvoir sortir de l’immobilisation. Je me suis sentie partir alors je me suis dit que je n’allais pas m’évanouir devant tout le monde », détaille-t-elle.
Une finale ratée qui ne doit surtout pas faire oublier la grande journée signée par la double championne du monde junior. À son tableau de chasse, des filles médaillées dans les grands événements: une double championne d’Europe et médaillée olympique, Sanne Van Dijke, l’Espagnole Ai Tsunoda Roustant, vainqueure du tournoi de Paris, ou encore la Russe Madina Taïmazova, médaillée olympique. L’étudiante en sciences politiques s’accroche à sa tactique et fait pencher la balance sur des mouvements de jambe. Elle sait qu’elle évolue sur un fil tactique.
Ce samedi, hormis la finale, elle n’est jamais tombée de ce fil, encaissant moins de pénalités qu’à l’accoutumée par exemple. « Je dois améliorer ma rigueur », pointe-t-elle. « Je savais que j’avais le niveau. Je voulais saisir mon opportunité. » Seule moins de 70 kilos engagée, elle a réussi son pari malgré un stress envahissant depuis vendredi. Là aussi, un axe pour que cette judoka archi-prometteuse délivre son plein potentiel. Pour sa première année en moins de 70 kilos, le pari est réussi. « C’est une bonne journée et ça va nous donner du temps », apprécie Jane Bridge. Avant d’ajouter: « il reste beaucoup de travail. »
Ngayap-Hambou, une clim et du bronze
Maxime-Gaël Ngayap-Hambou était méconnaissable ce samedi matin. Où étaient passés son bras droit envahissant et son agressivité jamais calmée? « J’étais très lent, j’étais mauvais », reconnait-il honnêtement en descendant du podium. D’abord, le Monténégrin Filip Raicevic, 128e mondial, a failli le faire tourner en bourrique avec ses sutemis (prise de sacrifice) déclenchés à la moindre prise de garde et ce yuko à combler. Le kata-guruma (roue autour des épaules) de l’Asniérois le tirera de ce mauvais pas. Pareil face au Moldave Vadim Ghimbovschi, 5e des derniers Mondiaux juniors. Une action de bras pas trop Jigoro Kano, tout en force, fait basculer le combat du bon côté.
Contre Alex Cret, en revanche, ce Ngayap-Hambou en demi-teinte ne passera pas. Un mouvement d’épaule à gauche le surprend. Un revers qui va changer totalement son comportement. « Quand j’ai perdu, ça m’a mis un coup de jus, je me suis dit qu’il ne fallait pas repartir sans médaille, même si ce n’est jamais facile de se remobiliser », confie-t-il. Il visait l’or et l’itinéraire bis vers le bronze va le galvaniser.
Le Bulgare Ivaylo Ivanov, quadruple médaillé continental, va se prendre en pleine face le vrai visage du 3e des JO 2024. D’abord un o uchi-gari (fauchage intérieur) puis un nouveau kata-guruma. Pour le bronze, il fallait dompter les 8.000 spectateurs du Sports Palace et Lasha Bekauri, le local double champion olympique en titre. Le genre de défi qu’il adore. « Je lui ai dit d’éteindre la foule », raconte son entraîneur Ludovic Delacotte.
Bekauri souffrait de l’épaule droite. Les arbitres lui donneront un petit coup de pouce en baissant le contre du Français de ippon – évident – à waza-ari mais l’affaire est entendue. « MG » enroule le Géorgien dans la plus pure tradition caucasienne. Sa plus belle prestation de la journée: « J’aime bien cette atmosphère, c’est lui qui est double champion olympique, il est chez lui. La pression n’était pas sur moi. »
Deux tours à Zagreb, un seul à Tokyo puis Paris, le Français avait mal débuté sa saison. Il revient au bon moment: « Il faut que je passe des caps. Lorsque j’aurai passé des caps, je pense qu’ils auront du mal. Là je pense que je suis à 60% de mon potentiel. » Maintenant, il lorgne sa première médaille en championnat du monde. Pour lui, ça sera le titre.
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