Finies les vaines discussions. Pour les acteurs impactés par les crises de l’eau et du BTP, l’heure doit être au déploiement des solutions. C’est ainsi que les membres de la Conférence territoriale de l’action publique (CTAP), se sont réunis hier (vendredi 17 juillet 2026), après une première rencontre, le 2 juillet dernier. Une nouvelle fois, donc, les présidents du Conseil régional, du Département, des EPCI, ainsi que le préfet faisaient face aux maîtres d’ouvrage publics et des organisations professionnelles.
Sortir le BTP de la crise
Après les engagements pris en début de mois, il s’agit désormais de répondre aux attentes des entreprises du BTP, en réduisant les délais de paiement, en facilitant l’accès à la commande publique, pour renflouer leurs trésoreries, en somme les collectivités doivent effacer leurs ardoises envers les professionnels. Il s’avère que les retards de paiement fragilisent les sociétés et menacent le tissu économique local ; tous les participants s’accordent sur ce constat.
Des pistes ont été ainsi retenues pour tenter de sortir de l’impasse, notamment la création d’une cellule opérationnelle réunissant la région, le département, l’État et la CGSS, ainsi que la création d’une charte guadeloupéenne de la commande publique.
« On verra quelle est la situation de chaque entreprise par rapport aux communes, pour mettre en place un dispositif Région/Département, pour les accompagner, faire en sorte que les factures soient effectivement payées, soit en faisant intervenir la banque, soit avec nos subventions. »
Guy Losbar, président du Département de la Guadeloupe
« Nous avons décidé de mettre en place une task force, pour pouvoir travailler avec tous les concernés et, surtout, inciter les communes à payer les entreprises. Il n’est pas normal, aujourd’hui, qu’une entreprise, par exemple qui doit 200.000 euros de charges fiscales et sociales, ait des créances avec des collectivités de 5 à 6 millions. »
Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe
« Ça ne peut se faire que par une volonté politique, qui a été d’ailleurs affirmée ce matin, de l’ensemble des collectivités pour dire : « On va effectivement payer ce que l’on doit aux entreprises ». On a besoin d’une dynamique collective. Et pour enclencher cette dynamique collective, j’ai indiqué que les 19 millions d’euros de crédit de paiement que j’avais en caisse, que je dois distribuer aux bailleurs sociaux, aux syndicats des eaux ou aux collectivités, ces 19 millions, on se met d’accord pour dire : « On va les orienter directement sur les comptes des entreprises ». »
Thierry Devimeux, préfet de la Guadeloupe
Du côté de la Fédération régionale du bâtiment et des travaux publics (FRBTP), le ton se veut plus apaisé, avec un optimisme prudent. Les professionnels attendent désormais des mesures concrètes.
« On a bien retenu qu’il y a beaucoup de sommes dues aux entreprises et que ces mêmes entreprises aujourd’hui ont du mal à faire face à leurs charges sociales et fiscales et même à payer leurs fournisseurs. Nous avons bien entendu aussi qu’on essaie de trouver des solutions pour que nos entreprises soient payées rapidement et j’espère que ça ne va pas rester une réunion de plus qu’on aura faite, mais que ce sera suivi d’effets. »
José Gaddarkhan, président de la FRBTP
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L’eau, entre crise et dettes
La CTAP a aussi assuré le suivi des résolutions du Congrès des élus du 24 juin, consacré à l’eau, objet d’un autre dossier problématique localement.
En outre, le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) est aussi pointé du doigt pour ses dettes auprès de ses prestataires, comme les entreprises du BTP.
« Si aujourd’hui il y a une dégradation du service, c’est parce que, tout simplement, on a du mal à payer les entreprises qui font les travaux. Je suis un nouveau président, j’arrive avec 93 millions de dettes vis-à-vis des entreprises qui travaillent pour nous. Je les comprends. Donc, maintenant, avec les décisions qui ont été prises, l’annonce des services de l’État, du préfet, sur les sommes qui vont être allouées au syndicat, le Conseil régional qui va voter en plénière, le 22, 4 millions d’euros pour nous et, enfin, le Conseil départemental qui travaille d’ores et déjà avec nous à une campagne massive de fuites… »
Henri Yacou, nouveau président du SMGEAG
La 20 juillet, un nouveau système de contrôle du rendement sera inauguré. Il permettra à l’opérateur de voir, sur un écran, toutes les zones de Guadeloupe concernées par des difficultés, notamment des fuites, « de façon à ce qu’on rende la gestion du syndicat transparente, comme tout le monde me le demande« , se félicite Henri Yacou.
Enfin, un point de situation sur l’arrêté de liquidation du SIAEAG était aussi au programme.
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Cette nouvelle rencontre marque une étape supplémentaire dans la gestion des crises de l’eau et du BTP. Les différents acteurs se sont donné rendez-vous prochainement pour entrer dans une phase plus opérationnelle.
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