Le journaliste camerounais, BBlaise Etongtek attire l’attention des camerounais sur une comparaison qui n’a pas lieu d’être.
Lire ici sa sortie :
Une dernière avant de dormir Voici donc l’ultime trouvaille de mes amis les Zéglisiens… La Comparaison du bâtiment du Ministère des Sports à celui de la Fecafoot.
Laissez-moi-vous dire que ça relève d’un raisonnement profondément bancal. C’est une comparaison qui trahit soit une méconnaissance du fonctionnement de l’État, soit une volonté délibérée de faire de la propagande émotionnelle.
Chers Zéglisiens, un ministère n’est pas une agence immobilière ni une entreprise de prestige architectural. La valeur d’un ministère se mesure à ses politiques publiques, à sa capacité d’encadrer le sport national, de financer les fédérations, de construire des infrastructures, de former les jeunes et de représenter l’autorité de l’État. Un bâtiment, aussi modeste soit-il, n’efface pas la souveraineté de l’institution qu’il abrite.
Ensuite, la Fecafoot est une fédération spécialisée qui concentre l’essentiel de ses ressources sur une seule discipline : le football. Le Ministère des Sports, lui, doit gérer des dizaines de disciplines, les politiques nationales, les infrastructures régionales, les compétitions scolaires, la coopération internationale, les salaires administratifs et les missions régaliennes. Comparer leurs sièges sociaux comme s’il s’agissait de deux entreprises concurrentes est intellectuellement malhonnête.
Le plus ridicule dans cette comparaison, c’est que vous confondez esthétique et efficacité. L’Afrique est remplie de bâtiments administratifs flamboyants qui cachent parfois le vide, l’amateurisme ou la corruption. À l’inverse, certaines des plus grandes institutions du monde fonctionnent dans des édifices sobres sans que cela ne remette leur autorité en question.
Cette obsession du paraître révèle malheureusement une maladie très répandue chez vous ces Zéglisiens : croire que le développement commence par les vitres fumées, le marbre et les façades futuristes. Non. Le développement commence par les résultats, la rigueur, la transparence et la compétence.
Il faut rappeler une évidence : la Fecafoot reste une association privée investie d’une mission de service public, tandis que le Ministère des Sports incarne l’État du Cameroun. Vouloir mesurer la grandeur de l’État à la beauté d’un immeuble quelconque d’une fédération est une absurdité totale.
À ce rythme, demain on dira qu’une banque privée est “plus importante” qu’un ministère parce que son siège est plus moderne. C’est le triomphe du superficiel sur l’intelligence.
BBlaise Etongtek
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