Des proches de Bernard et Rose-Marie Saulnier s’expriment: «Nous sommes brisés»

Un juge à la Cour du banc du Roi, Cameron Gunn, a imposé la sentence de Janson Baker, jeudi, au tribunal de Moncton. Le criminel a tué Bernard et Rose-Marie Saulnier dans leur maison à Dieppe en 2019.

«Vous avez ôté la vie à deux personnes âgées sans défense dans le sanctuaire de leur foyer. Vous les avez parqués comme du bétail dans une chambre, puis vous les avez assassinés pour une chaîne en or», a déclaré le juge Cameron Gunn.

Il s’adressait à Janson Baker, qui l’écoutait du box des accusés en secouant la tête, au tribunal de Moncton jeudi.

Le magistrat a prononcé la peine du criminel, reconnu coupable du meurtre au premier degré de Bernard et Rose-Marie Saulnier par un jury en mars. Une seule sentence était possible: l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans d’incarcération.

Le juge a ajouté une interdiction pour le détenu de communiquer avec les proches des victimes qui ont décrit les conséquences sur leur vie du meurtre à la Cour du banc du Roi.

«Traumatismes incommensurables» 

Ils ont été sept à faire des déclarations, jeudi, devant une salle comble et un coupable stoïque.

Le procureur James McConnell a lu les propos de Nadine Vosburgh, qui était amie avec le couple Saulnier et l’un de leurs fils, Sylvio. C’est elle qui a découvert les corps des deux personnes âgées.

Mme Vosburgh a raconté souffrir d’un syndrome de stress post-traumatique, de dépression, d’anxiété, de pensées intrusives et de troubles du sommeil.

Elle a ajouté que ses problèmes ont affecté son fils. Elle a dû vivre avec lui dans un centre d’accueil pendant presque trois ans pour sa sécurité après les meurtres.

L’aîné des Saulnier, Luc; leurs nièces, Micheline Saulnier, Rachel Smith et Natalie Dupuis ainsi que deux sœurs de Rose-Marie, Linda Dupuis et Rachel Saulnier, se sont exprimés ensuite.

«Il y a seulement un mot qui peut décrire mon état et celui de ma femme: brisé. Nous sommes brisés», a déclaré Luc.

Il a dit souffrir d’un traumatisme incommensurable et ignorer quel traitement pourrait le soigner.

«Nos vies ne seront plus jamais les mêmes», a dit l’aîné des Saulnier.

«Deuxième mère»  

Rachel Saulnier et Diane Goguen à la sortie du tribunal de Moncton le 7 mai 2026. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin.

Les proches des victimes ont fait valoir à quel point elles importaient pour eux et leur entourage.

Micheline et Nadine ont décrit Rose-Marie comme leur deuxième mère.

«Ma tante était une naturopathe qui a consacré sa vie à la santé des autres, a ajouté Natalie Dupuis. Beaucoup de gens sont venus nous parler d’elle après sa mort. Ils ont raconté comment elle les avait aidés et écoutés.»

Les proches du couple Saulnier ont remercié les policiers et les procureurs de la Couronne.

«Nous savons et comprenons maintenant mieux pourquoi l’enquête était complexe», a déclaré Luc, en retenant ses larmes.

Les deux mois de procès de Janson Baker ont été éprouvants pour l’entourage des victimes.

«Les mois de janvier et de février 2026 ont été l’expérience la plus difficile que j’ai dû endurer, a exprimé Linda Dupuis. Ce tourbillon d’émotions a eu de grandes conséquences sur notre famille. Mais le processus judiciaire m’a apporté un certain dénouement et des réponses.»

La famille est sortie du Palais de justice en portant des chandails ornés de roses rouges en référence à Rose-Marie.

Baker en appel 

Le défenseur de Janson Baker, Brian Munro, a dit que son client essayera de porter sa cause en appel avec l’aide d’un autre avocat.

«C’est un dossier complexe, a-t-il commenté. Il y a eu plusieurs ordonnances que je trouve problématiques et qui pourraient être invalidées après examen, mais nous verrons.»

L’avocat aurait voulu que les jurés entendent un témoin, Nathan Wojcicki, dire qu’un de ses anciens amis, Zach Trevors, avait affirmé avoir tué «des personnes âgées».

Or, Zach Trevors était avec Janson Baker pendant la nuit du 6 au 7 septembre 2019, quand le couple Saulnier a été assassiné dans sa maison située au 374, rue Amirault à Dieppe.

Le juge Cameron Gunn a cependant interdit au témoin d’évoquer ce ouï-dire devant le jury.

Encadré: L’affaire en bref

Bernard et Rose-Marie Saulnier ont reçu une balle dans la tête chacun dans leur maison située au 374, rue Amirault à Dieppe, pendant la nuit du 6 au 7 septembre 2019.

Janson Baker les a tués alors qu’il cherchait à assassiner leur fils, Sylvio Saulnier. Celui-ci vivait avec ses parents alors qu’il avait des problèmes de dépendance et participait à un réseau de trafiquants de drogues.

Sylvio Saulnier possédait un duplex à Moncton. Or, des agents de la GRC ont fait une descente dans sa maison pendant une opération qui a mené à des arrestations.

La Couronne pense que le réseau de trafiquants a chargé Janson Baker de tuer Sylvio Saulnier à la suite de cet événement. Comme le meurtrier ne trouvait pas sa cible, il aurait assassiné ses parents par balles après les avoir acculés dans une chambre.

Sylvio Saulnier est mort d’une cause non criminelle en 2023. Il faisait face à des accusations de trafic de drogues au moment où la GRC a retrouvé son corps.

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