IJL
Une ancienne clause du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick a mis un frein à la construction d’un immeuble à logements adaptés aux personnes à besoins spéciaux sur le terrain du parc Jeanne-Vienneau à Edmundston. Le projet devrait plutôt voir le jour dans le secteur de Saint-Jacques.
En début d’année, l’organisme à but non lucratif Logement HAN a confirmé son intention de construire un immeuble de 24 logements abordables et adaptés à Edmundston.
À ce moment, le terrain du parc Jeanne-Vienneau, situé sur la 22e rue, avait été identifié comme l’endroit propice à la réalisation de ce projet.
Or, selon les explications d’Isabelle Laplante, coordonnatrice au logement à la Ville d’Edmundston, lorsque ce terrain a été transféré à la Municipalité dans les années 1960, une clause du ministère stipulait que son usage était restreint aux loisirs des enfants.
Mme Laplante a expliqué que la Ville a alors dû entreprendre des discussions avec le ministère qui lui a fait savoir qu’il n’était pas en mesure de renoncer à cette clause pour le moment.
«Il est réaliste de penser que le processus de renonciation pourrait prendre plusieurs mois et mettre en péril le projet de Logement HAN qui devait débuter en 2026.»
Pour sa part, un porte-parole du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a indiqué au journal, par courriel, que le ministère n’a pas accepté la demande de la Ville afin de conserver toute la flexibilité nécessaire pour d’éventuels projets.
«Il est reconnu que l’École Notre-Dame, située à côté du parc, est vieillissante et approche sa capacité maximale. Cette école figure parmi les projets prioritaires en infrastructure du District scolaire francophone Nord-Ouest et est évaluée annuellement dans le cadre du processus de budget immobilier.»
Afin de respecter le calendrier fixé par Logement HAN – qui souhaite entreprendre la construction dès cet automne – Edmundston s’est rabattu sur un plan B, soit de déménager le projet immobilier sur un terrain à l’extrémité de l’avenue Paul-Grondin, à Saint-Jacques.
Le terrain d’une dimension de 90 000 à 100 000 pieds carrés est actuellement utilisé comme parc canin. La Municipalité a proposé de déménager le parc dans un nouvel emplacement à proximité du Palladium de Saint-Jacques afin d’utiliser le terrain pour la construction des logements.
«On a discuté avec HAN et ça semble bien répondre à leur projet (…) Il s’agit du même projet qui avait été proposé pour le parc Jeanne-Vienneau», a ajouté Isabelle Laplante.
Selon Mme Laplante, ce site apporte une belle synergie avec un projet voisin de conversion de l’ancien édifice des Chevaliers de Colomb, ayant le même potentiel d’ajouter 30 à 40 logements dans le secteur.
Zonage
Des démarches ont été entreprises pour modifier l’arrêté de zonage et ainsi permettre au projet de voir le jour. Une première lecture a été faite lors de la réunion publique de juillet.
Le terrain passerait d’un zonage TRE-Équipements récréatifs, à un nouveau zonage permettant l’implantation de logements inclusifs, des habitations adaptées et abordables destinées aux personnes ayant des besoins particuliers.
Une séance d’information publique a aussi été organisée lundi. Une dizaine de personnes se sont déplacées, principalement des locataires potentiels.
Selon les données de la Société canadienne d’hypothèques et du logement recueillis lors d’une étude sur les besoins en logements adaptés dans la région, environ 62% des ménages locataires d’Edmundston ont au moins un membre ayant des limitations.
D’après les résultats d’un sondage réalisé auprès de la population d’Edmundston, seulement 30% des répondants nécessitant des adaptations à leur logement ont indiqué qu’ils vivaient dans un logement qui répond à leurs besoins.
Pour ce qui est du parc Jeanne-Vienneau, la Ville d’Edmundston ne ferme pas la porte à un éventuel projet de la sorte si le ministère décidait d’abandonner la clause incluse dans le transfert du terrain à la Municipalité à l’époque.
«On sait que tout a été vérifié pour nous assurer que la construction pourrait se faire là. Ce qui nous arrête, c’est cette condition qui remonte aux années 60», a mentionné le maire d’Edmundston, Eric Marquis.
Crédit: Lien source