Dans quelques heures, des centaines de milliers de Néo-Brunswickois vont faire une croix sur leur bulletin de vote aux élections des gouvernements locaux du 11 mai.
Comme c’est la coutume aux élections municipales dans la province, les aspirants aux postes de maires et de conseillers ne se présentent pas sous la bannière d’un parti politique.
Quelques citoyens rencontrés dimanche dans la région de Moncton ont souligné que des efforts sont nécessaires pour faire connaissance avec les candidats.
Il y a une couple de personnes qui se sont présentées à la maison. Ceux-là, je vais leur donner plus de pesanteur
, souligne Mike Ouellette. Pour les autres, c’est vraiment ce que je lis sur Internet. Il n’y a pas grand détail.
Mike Ouellette
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Avoir la chance de poser des questions en personne fait la différence. Ceux qui se sont présentés vont avoir mon vote plus que les autres qui ne se sont pas présentés
, tranche-t-il.
Noella Bordage explique sa démarche pour voter pour le prochain maire.
J’ai suivi un peu la campagne qu’il y a eu, puis les candidats ont distribué des dépliants. J’ai lu ça, puis je suis allé sur Internet. J’ai suivi l’actualité dans les médias sociaux des derniers jours. C’est comme ça que je fais mon choix
, détaille-t-elle.
Débat éclair des élections municipales 2026 :
On connaît plus les candidats à la mairie, mais les candidats comme conseillers, on les connaît moins
, poursuit-elle. Si ces derniers ont fait du porte-à-porte, l’électrice n’a pas eu la chance de les rencontrer.
Dans mon quartier, il y en a deux, puis je trouvais rien sur les deux conseillers. J’ai choisi celui qui avait l’air le plus sympathique, en fait. C’est un peu dommage, j’aurais voulu en connaître plus
, dit la citoyenne.

Noella Bordage
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Michel Forget constate qu’à part les affiches, il n’est pas facile d’en apprendre sur les candidats. Franchement, d’y aller, je choisirais au hasard
, dit-il.
C’est justement ce qu’il se refuse de faire : Probablement, j’irai même pas voter
.

Michel Forget
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Deux jeunes parents croisés dimanche insistaient sur l’importance de chercher l’information pertinente pour faire le bon choix, en particulier en ce qui concerne ce que les candidats proposent pour les familles et les plus vulnérables.
Les affiches aident certainement à savoir qui est candidat. Faire les recherches appropriées, c’est la façon dont mon épouse et moi prenons nos décisions
, explique Greg Hood.

Greg Hood
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Dans une ville comme Moncton, il est difficile d’aller à la rencontre de ceux qui se présentent, poursuit-il. Ils ont toujours un site web. On peut toujours trouver des comparaisons entre leurs valeurs, que ce soit sur Reddit ou ailleurs. Comme parent, c’est habituellement très important pour moi
.
Je fais mes recherches. Il le faut
, conclut-il.

Mia Courville-Todorov
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
En ligne, il y a toutes les ressources
, observe une autre électrice, Mia Courville-Todorov.
On oriente nos choix selon nos valeurs
, explique-t-elle. Même s’il n’y a pas de partis politiques, je pense qu’il y a quand même une ligne directrice [entre] les valeurs des différents politiciens qui se présentent et les nôtres. Fait que c’est juste de voir où ça se chevauche le plus.
Débat éclair des élections municipales 2026 :
Ne pas pouvoir se fier sur la couleur d’un parti qui permet d’identifier clairement l’idéologie d’un candidat à l’élection peut ouvrir la porte aux préjugés, avance Gabrielle Bardall, de la Chaire de recherche du Canada sur les femmes, la démocratie et le pouvoir dans la Francophonie à l’Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l’Église, en Nouvelle-Écosse.
Dans l’absence de partis, les électeurs doivent se fier plus sur la personnalité, les réseaux sociaux et communautaires, le bouche-à-oreille, le lien familial
, a-t-elle dit en entrevue, dimanche.
Souvent, ça peut favoriser des candidats qui sont déjà bien intégrés dans les réseaux de pouvoir. Souvent, c’est des hommes, ou des personnes qui sont bien établies depuis longtemps, ou qui sont issues des groupes majoritaires
, affirme Gabrielle Bardall.

Gabrielle Bardall, de la Chaire de recherche du Canada sur les femmes, la démocratie et le pouvoir dans la Francophonie. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Paul Légère
Gabriel Arsenault, professeur de science politique à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, souligne des avantages.
Les partis politiques servent une fonction, mais ils sont aussi problématiques au niveau, notamment, de la liberté de parole
, a-t-il noté en entrevue, dimanche.

Gabriel Arsenault est professeur de science politique à l’Université de Moncton. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Un député provincial peut difficilement exprimer le fond de sa pensée en public, parce qu’il doit toujours s’assurer de respecter sa ligne de partie
, rappelle-t-il.
Les candidats qui briguent la mairie, en particulier, n’ont pas d’équipe clairement alignée derrière eux.
L’aspirant à la mairie n’a pas de ligne de parti sur laquelle compter
, indique le professeur Arsenault. Le maire a une voix, au sein d’un conseil municipal. Il n’est pas en mesure d’imposer un programme politique.
L’électeur peut consulter le site d’Élections Nouveau-Brunswick (nouvelle fenêtre) pour savoir où, quand et comment voter le 11 mai.
D’après le reportage de Katherina Boucher
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