Face à la multiplication des abandons, le seul refuge pour chats de Martinique lance un appel aux dons
Les demandes de prise en charge se multiplient. Derrière chaque appel, une histoire différente : des touristes repartant sans leurs animaux, des propriétaires qui déménagent ou encore des personnes dépassées par la prolifération de chats sur leur terrain.
« Nous sommes submergés par les demandes de prises en charge. En contrepartie, nous avons très peu d’adoptions. Le plus gros problème se situe au niveau des pouvoirs publics. La cause animale est loin d’être une priorité pour nos politiques. Nous avons beaucoup de mal à nous faire entendre et à obtenir des audiences auprès des mairies ou des institutions. »
Muriel Gros, responsable du refuge « La Maison du Chat » · ©interview – Sarah Gendre
Un refuge saturé
Lors de sa création, le refuge avait été conçu pour accueillir 60 chats. Une capacité rapidement dépassée.
« Lorsque j’ai créé cet endroit, j’avais prévu de pouvoir accueillir 60 chats. Si je répondais à toutes les demandes, j’aurais entre 800 et 1 500 chats en permanence dans le refuge. »
Muriel Gros, responsable du refuge « La Maison du Chat » · ©interview – Sarah Gendre
Selon Muriel Gros, directrice de l’établissement, cette situation est la conséquence directe du manque de prévention.
Pour beaucoup, les chats sont perçus comme des animaux capables de survivre seuls ou simplement utiles pour chasser les nuisibles. D’autres confient leurs animaux à un proche sans anticiper leur reproduction. Faute de stérilisation, certaines personnes se retrouvent rapidement avec plusieurs dizaines, voire une centaine de chats, sans pouvoir faire face à cette situation.
« Le manque d’identification est un problème. Très peu d’animaux sont identifiés et suivis par un vétérinaire en Martinique. Pourtant, lorsqu’un chat est identifié, il possède une véritable identité et appartient officiellement à une famille, ce qui limite les abandons. »
Muriel Gros, responsable du refuge « La Maison du Chat » · ©interview – Sarah Gendre
3 ans de vie maximum
Contrairement aux idées reçues, les chats domestiques abandonnés ne sont pas adaptés à la vie dans la rue.
« Nos chats domestiques ne sont plus faits pour vivre dehors. Un chat abandonné a une espérance de vie d’environ trois ans. Entre les empoisonnements, les maladies, les captures par la fourrière et les euthanasies, très peu dépassent cet âge. À l’inverse, un chat qui vit dans un foyer et reçoit les soins nécessaires peut vivre au moins douze ans. »
Muriel Gros, responsable du refuge « La Maison du Chat » · ©interview – Sarah Gendre
Malgré les difficultés financières, la présidente se veut rassurante quant à l’avenir de la structure.
« Aujourd’hui, nous ne recevons aucune subvention. Nous vivons uniquement grâce aux dons et aux frais d’adoption. C’est la raison pour laquelle nous lançons cette collecte. »
Muriel Gros, responsable du refuge « La Maison du Chat » · ©interview – Sarah Gendre
Pour le refuge, il s’agit avant tout de pouvoir continuer à accueillir les chats abandonnés et de sensibiliser la population à la stérilisation et à l’identification, deux leviers essentiels pour lutter contre les abandons et la multiplication de naissances d’animaux non désirés sur le territoire.
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