Gao (Mali) : Quatre enfants d’origine guinéenne au cœur d’un imbroglio migratoire vers le Nigeria – Africa Guinee
GAO- Dans le Nord du Mali, une jeune femme de nationalité nigériane, mariée légalement à un Guinéen originaire de N’Zérékoré, se trouve actuellement à la Maison du migrant de Gao, gérée par l’ONG internationale Caritas Mali. Après l’incarcération de son époux en Algérie, elle a pris la décision de regagner le Nigeria avec ses quatre enfants.
Cependant, face au risque de voir ces enfants — guinéens par le sang — coupés définitivement de leur patrie paternelle, les communautés guinéennes d’Algérie et du Mali se mobilisent. Sous l’impulsion du Conseil des Guinéens au Mali, le voyage de la mère a été temporairement suspendu. Une situation complexe qui interpelle vivement la diaspora et les autorités de Conakry.
Du rêve algérien à l’impasse migratoire
L’histoire commence à Alger, où les destins de deux aventuriers ouest-africains se croisent. Mahmadi Condé, de nationalité guinéenne et originaire de N’Zérékoré (où résident encore sa mère, Hadja Diené Condé, et le reste de sa famille), y épouse Annabelle Efecoker, une Nigériane de 30 ans.

De leur union naissent quatre enfants, aujourd’hui âgés de un à six ans :
- Maciré Condé (6 ans)
- Fanta Condé (4 ans)
- Hawa Condé (3 ans)
- Alassane Condé (1 an)

Leur quotidien bascule en septembre 2024 lorsque Mahmadi Condé et son jeune frère, Mamadou Condé, sont arrêtés et incarcérés à Tamanrasset par la police d’immigration algérienne.
Seule, sans ressources et confrontée à la précarité extrême qui frappe les migrants clandestins dans la capitale algérienne, Annabelle Efecoker prend une décision radicale à l’insu de son mari détenu : fuir vers son Nigeria natal. C’est ainsi qu’elle entame un périlleux voyage qui l’amène, la semaine dernière, à Gao, dans le Nord du Mali.
Quel avenir pour les enfants ?

Hébergée et prise en charge par Caritas Mali, la jeune maman attend désormais que son sort et celui de ses enfants soient fixés. Pour la communauté guinéenne, l’enjeu est de taille : ces enfants, qui ne s’expriment pour l’instant qu’en anglais et un peu en français, font face à un dilemme identitaire et géographique.
Les autorités guinéennes prendront-elles leurs responsabilités pour rapatrier les enfants et les confier à leur famille paternelle à N’Zérékoré, ou seront-ils abandonnés à leur sort en route vers le Nigeria ?

Cette interrogation taraude les esprits de la diaspora à Alger, Gao et Bamako, interpellant directement la conscience collective et les pouvoirs publics. Selon des sources proches du dossier interrogées par Africaguinee.com, des démarches urgentes ont été engagées auprès des diplomates guinéens.

Aux dernières nouvelles, Caritas Mali s’apprête à transférer la mère et ses quatre enfants vers Bamako, ce dimanche 14 juin. Ils y seront conduits directement à l’Ambassade de Guinée, qui devra trancher sur la suite de cette odyssée familiale et administrative.
Affaire à suivre!
Djankourou Diallo
Correspondant d’Africaguinee.com au Mali
Créé le 13 juin 2026 10:57
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