Au Mali ou en Casamance, les combats de Sahel Quercy Rouergue pour aider les populations démunies ne faiblissent pas
Les actions humanitaires de Pierre Marre, Prakash Muji Solanki et des pionniers villefranchois se perpétuent, depuis l’Aveyron.
Il n’est pas du genre à lancer un mot plus haut que l’autre. Ni à étaler un catalogue à la Prévert des actions sanitaires et sociales menées aussi bien au Mali qu’en Casamance. Pourtant, c’est au quotidien que Ruben de la Ballina, entouré d’une équipe resserrée de bénévoles, œuvre sans relâche au sein de Sahel Quercy Rouergue du docteur Pierre Marre pour permettre aux populations de territoires, en proie avec les pires heures sombres imposées par les djihadistes, de garder la tête hors de l’eau.
Autant que faire se peut… Dans la portion du pays Dogon, où grâce à la pugnacité, doublée d’un engagement au long cours, les Villefranchois ont implanté l’hôpital de brousse de Sangha, cernée par des villes tombées aux mains du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, affilié à Al-Qaida. Fin avril, c’était d’ailleurs la capitale Bamako qui sentait souffler le vent du pire.
« Nous sommes inquiets, consent le président de Sahel Quercy Rouergue du docteur Pierre Marre. Le médecin en place, dont le salaire est financé depuis la création de l’hôpital par des fonds arrivant de l’Ouest Aveyron, se bat comme un beau diable pour tenter d’offrir aux habitants le minimum sanitaire.
À lire aussi :
Sahel Quercy Rouergue multiplie ses actions en Afrique
Pour l’instant, les bandes djihadistes laissent faire, sans pour autant relâcher la pression. Le souci majeur étant d’arriver à livrer les conteneurs de médicaments et d’équipement sans obstacle majeur ». Un vrai casse-tête pour Ruben et son équipe. « Nous avons un conteneur qui est parti il y a déjà un mois, mais à l’heure où un autre doit être acheminé depuis Figeac prochainement, nous ne savons pas où il se trouve », déplore-t-il.
L’instabilité s’imposant comme règle, les communications sont au point mort. Mais dans ce combat perpétuel contre les moulins à vent de l’obscurantisme, pas question de relâcher. Vigilance et persévérance vont de pair. « Je m’étais engagé auprès de Pierre Marre à poursuivre son action », rappelle celui qui verrait d’un bon œil un renouvellement avec l’engagement de nouveaux bénévoles. « D’autant que des entreprises comme Castes Industrie, Cayron ou les transports Franck Viguié continuent de nous aider sans hésiter. »
Chantiers en Casamance
Conscient que les difficultés géopolitiques du Mali n’arrangent pas la situation, Ruben de la Ballina sait aussi qu’ailleurs les demandes restent prégnantes. Un peu plus au Sud, dans l’enclave de Casamance du Sénégal, où là aussi Sahel-Quercy Rouergue avance ses pions solidaires. Dispensaires et maternité soignant autour de 4 500 enfants, orphelinats hébergeant des enfants de 0 à 18 ans, deux hôpitaux à Bignona et à Oussouye bénéficient des aides en matériel. « Dernièrement, on a accompagné un médecin indépendant lors de son installation », poursuit le président.
À lire aussi :
Forage de puits, installation de pompes, construction d’un hôpital… L’association Sahel Rouergue Quercy poursuit son action humanitaire en Afrique
Avec un brin d’ironie, il tranche « C’est incroyable, malgré les problèmes que rencontre l’Afrique, elle trouve plus de médecins pour s’installer que chez nous, c’est presque paradoxal. » Sur place, il sait pouvoir s’appuyer sur l’engagement sans faille de Yaya « un gars hors du commun qui a ses entrées partout et qui sait qu’il, faut agir au plus près des besoins… »
Avec lui des nouveaux projets s’échafaudent, comme l’installation de frigos et de congélateurs fonctionnant avec l’électricité produite par le photovoltaïque afin de permettre à des pêcheurs de conserver leurs prises. D’autres projets agricoles, à l’instar de l’installation de poules pondeuses ou encore d’un micro-atelier de conserves gérés par des femmes qui en vivent, sont aussi dans les tuyaux afin d’aider à l’autosuffisance alimentaire. Le chantier reste immense, l’envie d’aider aussi.
Crédit: Lien source