Guinée : 517 jours après la disparition d’Habib Marouane Cam…

Guinée : 517 jours après la disparition d’Habib Marouane Camara, sa famille brise le silence en pleine Journée mondiale de la liberté de la presse

Alors que les autorités guinéennes ont célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse à travers des discours se voulant rassurants sur l’état de la presse en Guinée, la famille du journaliste Habib Marouane Camara, porté disparu depuis 517 jours, continue de vivre dans l’angoisse et l’incertitude.

Pendant que les responsables institutionnels évoquent une vision favorable à une presse libre, les proches du journaliste dénoncent une réalité bien plus douloureuse.

En marge de cette célébration, le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a affirmé que le président Mamadi Doumbouya porterait une vision claire en faveur de la liberté de la presse en Guinée.

Mais pour l’épouse du journaliste disparu, ces déclarations résonnent comme une profonde contradiction.

« Cette journée n’a pas lieu d’exister pour nous »

Mariama Lamarana Diallo, épouse d’Habib Marouane Camara, a exprimé sa douleur et son incompréhension face à la situation. « Journée mondiale de la liberté de la presse ? Pendant ce temps, mon mari journaliste est porté disparu depuis maintenant 517 jours. Jour après jour, chaque minute qui passe, toute une famille continue de tendre l’oreille dans l’espoir d’avoir une nouvelle de leur journaliste disparu », a-t-elle confié avec émotion.

Au-delà du drame professionnel, elle décrit une tragédie familiale silencieuse. « Il y a des enfants qui grandissent sans leur père. Le plus douloureux, c’est qu’une de ses filles n’a jamais connu la présence de son papa. Elle n’a même jamais prononcé le mot ‘papa’, simplement parce qu’elle n’y est pas habituée », a-t-elle déploré.

Une famille brisée par l’attente

Selon Mme Diallo, la disparition du journaliste plonge également ses parents dans une profonde détresse. « À des centaines de kilomètres de Conakry, ses parents âgés vivent dans l’angoisse permanente. Ils ne dorment plus paisiblement, rongés par les questions sans réponses : où est leur fils ? Comment va-t-il ? », a-t-elle témoigné.

Pour la famille, la liberté de la presse ne peut être réduite à un slogan ou à une célébration officielle tant que le mystère autour de cette disparition persiste.

« Pour moi, pour nous, cette Journée mondiale de la liberté de la presse n’a, pour l’instant, pas lieu d’exister », a conclu son épouse.

L’affaire Habib Marouane Camara continue ainsi d’alimenter les interrogations sur le sort du journaliste et les attentes de ses proches restent entières.

Auteur: Seneweb guinee
Publié le: Dimanche 10 Mai 2026

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.