Madame et Monsieur les co-Présidents,
Je vous remercie pour l’organisation de ce débat et je remercie le représentant permanent de la Sierra Leone pour sa présentation du modèle africain, qui était très attendue. Il s’agit d’un moment important, qui doit contribuer à créer un nouvel élan en posant les bases d’un futur modèle unique.
La France partage pleinement, et de longue date, l’objectif des Etats africains de parvenir à une réforme ambitieuse du Conseil de sécurité. Nous l’avons récemment réaffirmé lors du dialogue stratégique France-Union africaine le 13 avril dernier. Le président de la Commission de l’Union africaine et notre Ministre des Affaires étrangères se sont ainsi accordés, je cite, « sur l’urgence d’une réforme globale du Conseil de sécurité afin de le rendre plus efficace et représentatif, conformément aux objectifs de la position africaine commune, notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte ».
Madame et Monsieur les co-Présidents,
Nous nous félicitons que le modèle africain intègre pour la première fois une position sur la taille d’un futur Conseil de sécurité élargi et sur le nombre adéquat de nouveaux membres permanents, soit six. Cela confirme que les groupes défendant un élargissement du Conseil dans ses deux catégories de membres partagent la même vision et retiennent les mêmes paramètres.
Un élargissement du Conseil de sécurité doit permettre à des Etats en ayant la capacité et la volonté, de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales. A cet égard, je rappelle que la France soutient, de manière claire et constante depuis 2005, la création de deux sièges permanents pour les Etats africains, ainsi que la candidature de l’Allemagne, de l’Inde, du Japon et du Brésil – aux sièges de membres permanents qui seraient créés dans leur groupe géographique.
Madame et Monsieur les co-Présidents,
La France salue également les propositions visant à l’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité pour plus de transparence, d’inclusivité et de redevabilité.
S’agissant du veto, nous partageons la conviction du groupe africain sur deux points :
D’une part, nous considérons qu’il est légitime que les candidats au statut de membre permanent demandent les mêmes prérogatives que le P5, y compris pour le veto ;
D’autre part, je fais mien le propos du représentant permanent de la Sierra Leone, lors du débat la semaine dernière, selon lequel, je cite, « un recours responsable et mesuré au droit de veto peut contribuer à renforcer la crédibilité et l’autorité morale du Conseil de sécurité. Il peut favoriser une intervention plus rapide face à des crises graves, mettre fin aux atrocités et contribuer à garantir que ce pouvoir exceptionnel soit exercé avec toute la responsabilité qui s’impose, d’une manière conforme à la Charte et au droit international ».
C’est précisément l’objectif de l’initiative portée par la France et le Mexique depuis 2015 en faveur d’un encadrement du veto en cas d’atrocité de masse. Cette initiative est distincte et complémentaire de notre engagement en faveur d’une réforme globale du Conseil. Elle ne substitue pas. J’invite tous les Etats souhaitant faire bouger les lignes, comme les 107 qui y ont déjà apporté leur soutien, à nous rejoindre.
Je vous remercie.
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