Langues officielles: les municipalités ont besoin d’aide, selon l’AFMNB

L’Association francophone des municipalités du N.-B. demande un cadre de financement pour les municipalités qui doivent communiquer dans les deux langues officielles, ainsi que des «mesures asymétriques» pour assurer l’équité des communautés francophones et anglophones.

Le Comité permanent des langues officielles à l’Assemblée législative se penche sur la révision de la Loi sur les langues officielles.

L’AFMNB y demande un cadre de financement permanent pour les municipalités qui doivent dépenser davantage pour fournir des services en français et en anglais. Leur financement serait calculé en fonction de leur taille, leur population et leur proportion de population de langue minoritaire, entre autres.

Selon le maire de Memramcook, Maxime Bourgeois, ce financement pourrait servir à la traduction de communications, mais aussi à financer d’autres programmes.

«Nous par exemple, à Memramcook, depuis cette année, on a commencé à offrir des cours de français à nos anglophones gratuitement», dit-il.

Les porte-parole de l’association estiment aussi que la vulnérabilité du français au N.-B. devrait être explicitement reconnue dans la Loi sur les langues officielles.

Cela signifie aussi qu’il faudrait des mesures «asymétriques», donc inégales, pour progresser vers l’égalité «réelle» et non seulement «formelle» du statut et de l’usage des deux langues officielles, selon l’organisme.

Si une municipalité a plus de 20% de population de langue minoritaire, elle doit fournir des services à sa population dans les deux langues officielles.

L’une des mesures «asymétriques» pourrait être d’appliquer ce seuil différemment dans les municipalités francophones que dans les municipalités anglophones. Le seuil de population minoritaire à atteindre avant de devoir fournir des services dans les deux langues pourrait être plus élevé dans les communautés francophones, par exemple.

«De reconnaître la langue française comme vulnérable au Nouveau-Brunswick nous permettrait peut-être de faire une application asymétrique du pourcentage. C’est quelque chose que je pense qui devrait être exploré», a dit Maxime Bourgeois.

Le président de l’AFMNB, Yvon Godin, dit qu’avec le nouveau recensement, trois municipalités risquent de passer au-dessus du seuil de 20%. Il s’agit de Grand-Bouctouche, Neguac et Nouvelle-Arcadie.

«C’est le 20% qui inquiète nos gens actuellement. La vulnérabilité, elle est du côté francophone, elle est chez nous. Ça, ça les inquiète», dit Yvon Godin, en expliquant qu’elles ont besoin d’outils pour se préparer à devoir offrir des services dans les deux langues officielles.

Kassim Doumbia, vice-président de l’AFMNB et maire de Shippagan, a dit que ces changements devraient être faits de façon progressive, et pourraient être appuyés par des «plans linguistiques municipaux» d’une durée de trois à cinq ans.

«L’immigration fait également partie de l’équation», a-t-il dit.

L’AFMNB demande des ajouts à la Loi sur les langues officielles pour que le gouvernement provincial tienne davantage compte de la langue lors de la sélection et de la rétention des nouveaux arrivants.

L’asymétrie

L’idée de politiques asymétriques pour favoriser la langue française pourrait facilement devenir un dossier controversé. Des représentants des trois partis politiques à l’Assemblée législative croient toutefois que l’idée mérite au moins d’être examinée.

Glen Savoie, le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, dit qu’il peut être difficile d’inscrire des mesures asymétriques dans un projet de loi, mais que ce n’est pas impossible.

«Si on peut trouver de la flexibilité pour nos endroits francophones, on doit le faire», dit-il.

Le député libéral et président du comité, Benoît Bourque, dit que l’idée mérite d’être considérée.

«J’ai trouvé que leur point était pertinent. Évidemment, il y a plein de considérations dans tout ça, on ne peut pas se fier sur une seule présentation», a-t-il dit en rappelant que son comité organisera différentes rencontres dans la province pour consulter la population.

Megan Mitton, députée du Parti vert, se dit d’accord avec l’idée de politiques asymétriques pour favoriser le français.

«Je pense que c’était un thème cet après-midi, qu’il faut être conscients de ces iniquités et qu’il y a différents besoins pour la communauté francophone pour protéger et promouvoir la langue française.»

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