Le Conseil de sécurité de l’ONU renouvelle jusqu’en 2027 les sanctions contre le Soudan du Sud

Malgré les appels de plusieurs pays et organisations africaines à un assouplissement des mesures, le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé jusqu’en 2027 les sanctions imposées au Soudan du Sud. Une décision qui reflète la fragilisation du processus de paix et les retards dans les réformes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de maintenir la pression sur le Soudan du Sud en renouvelant pour une année supplémentaire le régime de sanctions imposé au pays. Adoptée le 29 mai 2026 par 9 voix favorables, 0 contre et 6 abstentions (Fédération de Russie, Chine, République démocratique du Congo, Libéria, Pakistan et Somalie), la résolution 2821 (2026) prolonge jusqu’au 31 mai 2027 l’embargo sur les armes, les interdictions de voyager et le gel des avoirs visant certaines personnalités et entités sud-soudanaises.

L’accord de paix est en lambeaux. Le pays fait face à une catastrophe humanitaire, avec environ trois Sud-Soudanais sur quatre ayant besoin d’une assistance, tandis que la moitié de la population souffre d’une grave insécurité alimentaire et que le choléra se propage. Une crise des déplacements touche également le pays, avec plus d’un million de personnes ayant franchi la frontière depuis le Soudan depuis le début des combats dans ce pays. Enfin, l’économie est en plein effondrement, les revenus pétroliers chutant fortement tandis que l’inflation a grimpé de 300 %.

António Guterres , Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies 

Selon Jennifer Locetta, représentante adjointe des États-Unis auprès de l’ONU, la dégradation persistante de la situation politique et sécuritaire ainsi que l’absence de progrès suffisants sur plusieurs critères clés justifient le maintien des restrictions.Cette analyse est appuyée par un récent rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui qualifie la période 2025-2026 de plus difficile depuis la signature de l’accord de paix. Le document souligne des blocages persistants dans les réformes institutionnelles, sécuritaires et politiques censées conduire le pays vers une stabilité durable.

Pour le bien du peuple sud-soudanais, qui souffre depuis trop longtemps, il est temps d’engager le dialogue et de privilégier la désescalade. La Corne de l’Afrique est déjà en proie à de nombreuses turbulences et ne peut se permettre un nouveau conflit, pas plus que le peuple du Soudan du Sud. Aux dirigeants de ce pays, je lance cet appel : mettez fin à la politique de confrontation.

António Guterres , Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies 

Cependant, plusieurs pays ont contesté la prolongation des sanctions. La Russie estime qu’elles entravent le processus de paix et la préparation des élections, tandis que la Chine juge que l’embargo sur les armes affaiblit les capacités de sécurité du pays. Le Soudan du Sud a également appelé à un assouplissement des mesures, soutenu en cela par l’Union africaine et plusieurs organisations régionales. Rappelons que les sanctions de l’ONU contre le Soudan du Sud remontent à 2015, avec l’instauration de gels d’avoirs et d’interdictions de voyager. L’embargo sur les armes a été ajouté en 2018. 

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