Le Soudan risque de connaître une baisse de sa production agricole pendant la saison des semis d’été, car les prix du carburant et des engrais ont flambé en raison de l’impact du conflit avec l’Iran, dans un contexte de grave crise alimentaire découlant de la guerre civile.
Des agriculteurs de différentes régions du Soudan, ainsi que des experts agricoles, ont indiqué à Reuters que la hausse des coûts les contraindrait à réduire les surfaces cultivées. Cette situation pourrait affecter les cultures vivrières de base comme le sorgho et le millet, ainsi que les exportations telles que le sésame.
Le Soudan est particulièrement vulnérable à la crise iranienne car, selon les données des Nations Unies, plus de 50 % de ses besoins en engrais dépendent de la région du Golfe. Par ailleurs, le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) rend le pays entièrement dépendant des importations de carburant.
Selon un organisme de surveillance soutenu par l’ONU, environ 19,5 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population soudanaise, sont confrontées à une grave insécurité alimentaire, et certaines régions sont menacées de famine. Sadig Elamin, analyste principal en sécurité alimentaire à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Soudan, a averti que la production globale pourrait chuter d’« au moins 40 % ».
Des habitants viennent chercher de l’eau à un point de distribution gratuit pendant une pénurie d’eau au Soudan, le 18 mai 2026. (Photo : AP)
Dans la région agricole de Jamuia, au sud d’Omdurman, ville située sur le Nil face à la capitale Khartoum, les agriculteurs espéraient une meilleure récolte cette année après le retrait des Forces de soutien rapide (FSR) de la zone. Cependant, le prix des engrais a augmenté de 67 % sur un an, tandis que celui des carburants, notamment du diesel pour les pompes d’irrigation, a plus que doublé.
Bashir Ismail, un agriculteur local, a déclaré qu’aux prix actuels, les agriculteurs peinent à dégager un bénéfice, car la totalité de leurs profits est absorbée par l’achat de carburant diesel. Alors que la saison des semailles est à mi-chemin, seuls 2,1 kilomètres carrés environ sur les 42 kilomètres carrés que compte Jamuia ont été cultivés.
De nombreux agriculteurs estiment également que le gouvernement, allié à l’armée, n’a pas apporté un soutien suffisant face aux contraintes budgétaires engendrées par la guerre. Dans la région de Gezira, qui produisait autrefois près de la moitié du sorgho et du blé du Soudan avant le conflit, les agriculteurs affirment que les systèmes d’irrigation et le matériel agricole n’ont pas encore été entièrement remis en état.
Au Kordofan et au Darfour, l’insécurité continue de menacer la production de sésame, d’arachides, de gomme arabique (une résine utilisée en alimentation et en médecine) et de millet. Certains agriculteurs signalent des vols de tracteurs, des enrôlements forcés de travailleurs agricoles dans les combats et de nombreuses communautés contraintes de quitter leurs foyers.
Selon Reuters, si la hausse des coûts persiste, la crise alimentaire au Soudan pourrait s’aggraver, dépassant largement son niveau actuel.
Source : https://vtv.vn/sudan-doi-mat-nguy-co-mat-an-ninh-luong-thuc-nghiem-trong-100260526000514815.htm
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