Interrogée sur ce qu’elle considère comme la principale menace à laquelle le Canada devra faire face à l’avenir, la cheffe d’état-major de la Défense du Canada met en avant les missiles développés à l’aide de nouvelles technologies provenant de la Russie.
«La menace qui pèse sur notre continent est principalement liée aux nouvelles technologies de missiles et aux nouveaux vecteurs de lancement que la Russie met au point», a mentionné la chef d’état-major de la Défense, la générale Jennie Carignan, à Vassy Kapelos, animatrice de l’émission Question Period sur CTV, lors d’une entrevue exclusive.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
«La Corée du Nord, et nous l’avons même constaté avec l’Iran, avec les missiles de croisière à longue et à moyenne portée», a-t-elle ajouté. «Nos adversaires ont beaucoup progressé dans cette technologie au cours des dernières années; il s’agit donc désormais de protéger le continent contre ces menaces potentielles.»
La nature de cette menace a, en partie, entraîné un changement radical — ou, comme l’a qualifié Mme Carignan, une «nouvelle structure» — dans la façon dont les Forces armées canadiennes prévoient s’orienter à l’avenir, passant de la participation à des théâtres d’opérations spécialisés comme en Afghanistan à une priorité accordée à la défense du Canada lui-même.
«Nous étions très axés sur la défense du Canada à l’étranger, mais compte tenu des progrès actuels en matière de technologies de missiles, notamment en provenance de la Russie, nous devons désormais nous assurer d’être bien positionnés, en particulier dans l’Arctique, et de pouvoir défendre le territoire canadien », a déclaré Mme Carignan, en mentionnant spécifiquement des capacités telles que «les systèmes de défense aérienne, les capteurs sous-marins, et même ceux situés dans l’espace».
Cela signifie accorder la priorité à l’Arctique et à la capacité d’intercepter des missiles provenant de Russie. Mme Carignan a également souligné l’importance de la dissuasion, qu’elle a qualifiée de «combinaison» d’alliances, d’acquisitions et de préparation opérationnelle.
«Il s’agit de forcer nos adversaires à évaluer le coût potentiel d’une attaque », a expliqué Mme Carignan. «Ainsi, si l’on reprend l’exemple de l’Ukraine, cette guerre est actuellement extrêmement coûteuse pour la Russie.»
«Elle y est toujours engagée, mais ce qui a poussé la Russie à attaquer, c’est que l’Ukraine semblait se trouver dans un état de grande vulnérabilité», a-t-elle ajouté. «Ainsi, dès que cette vulnérabilité apparaît, l’intention d’attaquer peut s’ensuivre.»
La Russie est en guerre contre l’Ukraine depuis février 2022.
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