L’Université, gardienne du drapeau : science, souveraineté et reconstruction nationale en Haïti

Cette question me semble d’actualité à un double titre. D’abord, parce que l’Université haïtienne elle-même, comme tout le système éducatif national, a été méthodiquement laminée depuis plusieurs années. Cet effondrement progressif de l’Université haïtienne et du système éducatif national ne relève ni du hasard ni d’une fatalité historique. Il est le produit de décennies de négligence, de sous-investissement public, de mauvaise gouvernance et d’indifférence de certaines élites envers le destin collectif de la nation. À cette dégradation structurelle est venue s’ajouter la violence grandissante des groupes armés criminels qui, en s’attaquant aux écoles, aux universités et plus largement à la vie sociale du pays, ont profondément ébranlé les fondements mêmes de l’institution éducative. La montée en puissance des groupes armés et des réseaux criminels transnationaux ne menace pas uniquement la sécurité du pays ; elle incarne une dynamique visant à affaiblir progressivement l’héritage de 1804 fondé sur la souveraineté, la dignité humaine et la liberté. Dans cette perspective, les groupes armés apparaissant alors, aux yeux de certains observateurs, comme les instruments indirects d’intérêts criminels, économiques ou géopolitiques dépassant largement le cadre national. Cette crise sécuritaire et institutionnelle plus large soulève alors une autre interrogation fondamentale : celle de la réalité même de la souveraineté nationale dans l’Haïti contemporaine. Cette interrogation est d’autant plus importante que la souveraineté, dont le drapeau est le symbole, est devenue une fiction, dans un État incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens, qui a perdu le contrôle de ses frontières et dont le budget est sous perfusion étrangère.

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