Magos (Israël) a fabriqué et déployé des milliers de systèmes radars dans 70 pays en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe.
L’entreprise technologique israélienne Magos Systems, spécialisée dans les radars adossés à de l’intelligence artificielle, a décroché un contrat de 21 millions de shekels pour fournir aux forces terrestres de défense son système d’alerte précoce contre des menaces aériennes sans pilote en pleine évolution, notamment contre les drones guidés par fibre optique.
La startup dont le siège se trouve à Rehovot n’a pas révélé l’identité exacte de son « client de la Défense », mais selon des sources proches du dossier, c’est à l’armée israélienne que Magos va fournir des centaines de systèmes radars avancés de détection de drones.
A ce stade, le ministère israélien de la Défense n’a pas eu la possibilité de commenter cette information.
Ce contrat a été conclu au moment-même où Israël peine à contrer les attaques de drones explosifs contre ses soldats au Liban Sud et sur le front Nord. Engagé dans des combats sur plusieurs fronts, Israël continue de faire face aux incursions de véhicules aériens sans pilote (UAV) du groupe terroriste du Hezbollah, qui est soutenu par l’Iran, ce qui ajoute une menace constante à courte portée.
Récemment, une enquête de l’armée israélienne sur une attaque du Hezbollah survenue le 19 juin dernier, qui avait coûté la vie à un commandant de bataillon de chars et à trois soldats, a révélé que leur tank avait été frappé par un drone chargé d’explosifs.
Bien que plus lents et généralement moins destructeurs que les roquettes ou les missiles, les drones posent problème en raison de leur difficile détection et de leur suivi aléatoire (ils volent souvent à basse altitude) ainsi que de la nécessité de déployer plusieurs moyens pour intercepter les armes qu’ils transportent.
Fondée en 2010 par les ingénieurs électriciens Aviel Kisliansky (PDG) et Amit Isseroff (vice-président R&D), Magos explique avoir développé un radar d’alerte précoce destiné à protéger les soldats au sol des menaces aériennes de basse altitude. Ce radar léger repose sur la technologie de formation de faisceaux (beamforming) et combine des algorithmes très perfectionnés pour classer les objets en mouvement (drones, oiseaux ou véhicules), filtrer les fausses alertes et avertir les équipes de défense uniquement lorsque cela est nécessaire, précise l’entreprise.
« En fusionnant les informations utiles à la détection radar avec les informations des caméras déployées sur le terrain, le système offre une représentation de la situation multidimensionnelle et en temps réel, tant pour les menaces terrestres qu’aériennes », souligne Kisliansky.
« Ce système innovant permet une classification simultanée et très précise des personnes, véhicules et drones, tout en maintenant des performances fiables dans des conditions météorologiques difficiles et en éliminant efficacement les fausses alertes causées par la faune, notamment les oiseaux, ou d’autres mouvements environnementaux. »
Magos assure que son système de détection de drones, développé ces deux dernières années, a passé « avec succès » les tests rigoureux de plusieurs clients en Israël et ailleurs dans le monde, y compris face à des systèmes concurrents nettement plus coûteux.
À ce jour, Magos dit avoir fabriqué et déployé des milliers de systèmes radars dans plus de 70 pays en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe. La start-up compte dans sa clientèle des services de Défense, des sites officiels et des infrastructures critiques, notamment des installations énergétiques et électriques, des fermes solaires, des ports, des centres de données et des hubs logistiques.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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