Menoncle Jason: un nouvel album ancré dans ses racines

Conteur de père en fils, Menoncle Jason débarque avec un nouvel album Hallo chanceux toujours aussi authentique, fortement inspiré par ses racines à Memramcook, avec une touche de jazz, de rock, de blues, de métal et autres couleurs musicales qui teintent son country de manière surprenante.

Pour enregistrer ce troisième opus studio, Jason LeBlanc alias Menoncle Jason s’est entouré d’un groupe de musiciens issus de la scène jazz, ce qui apporte de nouvelles sonorités à sa musique. Les cuivres se marient aux guitares et aux percussions dans un ensemble fortement influencé par la musique américaine des années 1960, 1970. Son style qui reflète ses goûts musicaux est à peu près inclassable.

«C’est un mélange de toute la musique de cette époque-là. Il y a du country, un petit peu de blues, du rock, de la bossa-nova. Il y a de la musique de films du genre western. Il y a du métal un petit peu», a affirmé en entrevue l’artiste, visiblement fier de ce nouvel opus, d’autant plus qu’il signe la réalisation.

De façon ironique, ses chansons racontent souvent des histoires de malchance, comme en témoigne la pièce Caravan dans laquelle un chauffeur de caravane se retrouve à «driver au fond dans la baie». Les textes sont inspirés par des récits de famille, de la fiction ou un mélange des deux. Il nous invite notamment à une visite à la «dump» ou à une partie de Washer Toss, lui rappelant sa jeunesse. C’est souvent dans l’attitude, les expressions de Memramcook, leur art de raconter et la façon d’aborder la vie qu’il puise ses idées. En effectuant sa recherche pour son nouveau projet, l’artiste a constaté qu’il vient d’une longue lignée de conteurs. Son grand-père qui jouait de l’accordéon était un conteur aguerri, tout comme son père. Il y avait de grands conteurs au Village-du-Bois à Memramcook, souligne l’artiste.  Et c’est ce qu’il essaie de faire en écrivant ses textes, dans un mélange de réalisme et de situations un peu absurdes.

«[…] La façon de conter des histoires, c’est un art qui s’en va que je veux faire vivre dans mes chansons.»

Ses musiciens habituels étant tous maintenant occupés à leurs propres projets, Jason LeBlanc a dû se trouver de nouveaux complices pour ce nouvel opus. C’est ainsi que ses amis Mone Ouellette, Miguel Dumaine et Jer Poitras se sont joints au projet. Ce sont tous des multi-instrumentistes. Contrebasse, saxophone, trompette, claviers, flûte, choeurs, batterie et bien d’autres instruments se retrouvent sur ce disque. Ensemble, ils ont exploré plusieurs sonorités.

«Ça m’a permis de me pousser plus loin. Comme musicien, c’est d’aller chercher des accords que j’usais [sic] pas habituellement pis c’est awesome. Ils sont super créatifs comme je leur dois beaucoup pour les arrangements qu’ils ont fait là-dessus.»

Avec sa musique, l’auteur-compositeur-interprète a envie d’apporter de la joie et de faire sourire les gens. Une musique qui se joue bien en spectacle, estime l’artiste.

 

Dans une grange reconvertie en studio

Le chanteur-musicien tenait à retourner à Memramcook dans le bâtiment où était logé le studio MRC (Memramcook Recording Company) qui appartenait à Chris Belliveau et Mike Trask pour enregistrer son album. Il ne reste plus que le bâtiment, un genre de garage, explique-t-il. Il a donc apporté tout son équipement pour enregistrer cette collection de dix nouvelles compositions.

«Il y a quand même une magie qui se passe là. C’est isolé, mais ce n’est pas fini. Le son est particulier. […] Puis, je voulais que ça soit fait à Memramcook. En restant à Moncton astheure, conduire à Memramcook, puis retourner dans mes racines pour faire de la musique, je trouve que c’est important. Ça me fait rentrer de nouveau dans ma jeunesse.»

Enregistré sur cassette, l’album se distingue par son acoustique naturelle et son ambiance brute et festive. Il fait ainsi un clin d’oeil à son grand-père maternel, aussi musicien qui adorait réaliser des enregistrements maison. Il n’a jamais connu son grand-père, mais en écoutant ses archives, il a le sentiment de le connaître un peu.

«C’est comme une image, un screenshot dans le temps, de l’entendre lui qui joue de la musique», a-t-il confié.

«J’aime le son que ça donne, ces vieilles bandes-là, mais ce n’est pas assez rigoureux pour enregistrer un album dessus. Une cassette est probablement la chose la plus proche de ce son-là. On a tout fait ça sur des cassettes multipistes. On les synchronisait par ordinateur après, mais c’était tout fait sur des cassettes mixées analogiquement chez Mico Roy, au studio La Grosse Rose.»

Ils ont travaillé plus de 200 heures à la synchronisation et au mixage des bandes. Menoncle Jason, qui partage sa vie entre son nouveau métier de charpentier et sa carrière musicale, sera très occupé cet été. Il présente son spectacle de lancement à la Caserne de Dieppe le 19 mai où il sera accompagné de huit musiciens sur scène. Le spectacle affiche déjà complet. Une supplémentaire est prévue le 21 octobre au Monument-Lefebvre dans son village natal de Memramcook. Il donnera plusieurs spectacles cet été au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Saskatchewan et en France. Il présentera deux vitrines à la Semaine de la musique de la côte Est à Sydney au Cap-Breton. Le 15 août, il a animera le spectacle télévisé de la Fête nationale de l’Acadie à Dieppe. Son album sort officiellement le 15 mai.

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