Niger : RSF dénonce une “attaque contre la liberté de la presse” après la suspension de neuf médias français
L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé samedi 9 mai la “levée immédiate” de la suspension de neuf médias français décidée par les autorités militaires du Niger.
Dans une déclaration transmise à l’AFP, Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, accuse les autorités nigériennes de vouloir “nier le droit à une information plurielle”.
Vendredi soir, l’Observatoire national de la communication (ONC), le régulateur des médias au Niger, a annoncé la suspension immédiate de plusieurs médias internationaux, parmi lesquels Agence France-Presse, France 24, RFI, TV5Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart.
Des médias accusés de “mettre en péril l’ordre public”
Dans son communiqué lu à la télévision publique, l’ONC estime que les contenus diffusés par ces médias sont “susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions de la République”.
Aucune précision n’a toutefois été donnée sur les contenus visés.
Pour RSF, ces accusations sont “forgées de toute pièce”. L’organisation estime que cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de restriction des libertés de la presse au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Une nouvelle escalade contre les médias internationaux
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les relations entre la junte nigérienne et les médias occidentaux se sont fortement dégradées.
France 24 et RFI avaient déjà été suspendus peu après l’arrivée des militaires au pouvoir. La BBC avait également été suspendue en 2024.
Selon RSF, le Niger a chuté de 37 places dans son classement mondial de la liberté de la presse en 2026, se retrouvant désormais à la 120e position sur 180 pays.
L’ONG dénonce également les “arrestations arbitraires de journalistes”, la “criminalisation du journalisme” et le maintien en détention de plusieurs reporters nigériens accusés notamment “d’atteinte à la défense nationale”.
Un climat régional de plus en plus tendu
Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les régimes militaires sahéliens et les pays occidentaux, notamment la France.
Quelques jours plus tôt, le Burkina Faso avait lui aussi suspendu la diffusion de TV5Monde.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso, désormais réunis au sein de l’AES, boycottent également plusieurs initiatives diplomatiques soutenues par Paris, dont le sommet “Africa Forward” organisé au Kenya.
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