La décision du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de ne pas prendre part à l’organisation des obsèques d’Anicet Ekane continue de susciter des réactions. Au lendemain de l’annonce faite le 5 mai 2026, un militant du MRC et un autre du RDPC ont publiquement appelé Maurice Kamto à revoir sa position.
Dans un communiqué, le MRC a justifié son retrait par la « mise à l’écart » du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) de l’organisation des obsèques, à la suite d’une décision de justice. Le parti de Maurice Kamto estime que cette issue marginalise la formation politique à laquelle appartenait Anicet Ekane.
Au sein même du MRC, cette ligne ne fait toutefois pas l’unanimité. Willy Mengue, militant et communicant du parti, a exhorté Maurice Kamto à se « raviser ». Selon lui, un boycott des obsèques serait perçu comme une atteinte à la mémoire du défunt. Il rappelle le rôle joué par Anicet Ekane dans les luttes pour le multipartisme et la démocratie, notamment au début des années 1990, et souligne son engagement en faveur de l’alliance entre le Manidem et le MRC lors de la présidentielle du 12 octobre 2025.
Dans cette prise de position, Willy Mengue insiste également sur le soutien apporté par Anicet Ekane à la candidature de Maurice Kamto, malgré les risques politiques que cela représentait. Il estime que le président du MRC, en raison de son expérience et de son sens du discernement, devrait renoncer au boycott.
Des critiques également venues du RDPC
La controverse a aussi suscité une réaction dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). André Luther Meka, militant et communicant de ce parti, a appelé à mettre entre parenthèses les querelles politiques au nom du respect dû au défunt. Selon lui, les circonstances du deuil commandent retenue et dépassement des dissensions.
Pour ce responsable du RDPC, l’absence de Maurice Kamto aux obsèques pourrait lui être politiquement préjudiciable. Il présente Anicet Ekane comme une personnalité attachée au dialogue et au rassemblement, estimant qu’il n’aurait pas souhaité voir son décès raviver les divisions.
À l’origine de cette polémique se trouve un différend sur l’organisation des funérailles. Saisis dans le cadre d’une bataille judiciaire opposant la famille à des proches politiques du défunt, les juges ont donné gain de cause aux enfants d’Anicet Ekane pour la conduite des obsèques. Une décision contestée notamment par la veuve et par Marianne Ekane, sœur du disparu, qui affirmaient que la volonté du défunt était de voir le Manidem piloter l’organisation de ses funérailles.
Thierry Christophe Yamb
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