Le centre technique d’Odza devait symboliser la modernisation du football camerounais. Pensé comme un véritable « Clairefontaine » à la sauce camerounaise, ce vaste projet porté par la FECAFOOT ambitionnait de devenir une référence en Afrique centrale. Mais des années après son lancement, l’infrastructure reste inachevée, loin des ambitions initiales. Dans une sortie détaillée, Parfait Siki revient sur les différentes étapes d’un chantier devenu, selon lui, le symbole d’un immense gâchis.
Situé à la sortie sud de Yaoundé, sur l’axe menant à l’aéroport international de Nsimalen, le centre technique d’Odza avait été imaginé sous l’ère de Iya Mohammed. Grâce aux financements du programme FIFA Goal, six hectares avaient été acquis afin d’abriter un complexe ultramoderne dédié au développement du football national. Environ 600 millions de FCFA avaient alors été investis dans les premières infrastructures.
Cependant, les premiers résultats furent jugés décevants. Seuls un terrain en gazon synthétique et deux bâtiments sortirent de terre, loin du projet ambitieux annoncé au départ. L’arrivée de Seidou Mbombo Njoya à la tête de la FECAFOOT en décembre 2018 va toutefois relancer le dossier. Après une longue période de normalisation ayant entraîné le gel des financements FIFA, l’instance internationale accepte finalement de rétablir les fonds et de régulariser les montants suspendus.
Cette relance permet de remettre sur pied un vaste programme structuré en deux phases. La première prévoyait notamment la construction d’un hôtel haut standing destiné aux sélections nationales, la réhabilitation des bâtiments existants, le remplacement du gazon synthétique ainsi que la construction des blocs administratifs. Une seconde phase devait ensuite compléter le complexe avec deux nouveaux stades, dont un en pelouse naturelle, un stade de futsal et une piscine olympique.
Plusieurs entreprises sont alors mobilisées pour concrétiser le projet. GEMAT SARL décroche les marchés de construction de l’hôtel des Lions Indomptables, du réfectoire et de l’administration pour près de 955 millions de FCFA. De son côté, EMERGING ENGINEERING CO Ltd prend en charge les voies d’accès et les réseaux divers pour 680 millions de FCFA. Au total, près de 1,8 milliard de FCFA sont engagés dans cette nouvelle dynamique.
Selon Parfait Siki, lorsque Samuel Eto’o prend les commandes de la FECAFOOT en décembre 2021, les travaux de la première composante sont quasiment achevés. La nouvelle pelouse synthétique est déjà installée et les financements entièrement sécurisés permettent aux entreprises de livrer les infrastructures quelques mois plus tard.
Mais pour l’ancien dirigeant fédéral, le projet s’est arrêté en plein élan. Il reproche à l’actuel exécutif de n’avoir jamais engagé la phase d’équipement nécessaire pour rendre le centre totalement opérationnel. Malgré l’organisation de quelques rencontres et stages de sélections jeunes sur le site, Odza serait resté loin de sa vocation première : devenir le véritable camp de base des Lions Indomptables et le siège technique du football camerounais.
Parfait Siki estime d’ailleurs que les moyens financiers existaient pourtant pour finaliser le chantier, notamment grâce aux importantes retombées économiques générées par les participations du Cameroun à la Coupe du monde et aux différentes Coupes d’Afrique des Nations ces dernières années. Il évoque même la possibilité d’une avance de l’État, récupérable ensuite grâce aux économies réalisées sur les frais d’hébergement des sélections nationales.
Au final, le centre technique d’Odza demeure aujourd’hui un projet à moitié accompli : une infrastructure moderne, certes fonctionnelle par endroits, mais encore très éloignée du rêve de départ. Celui de voir émerger au Cameroun un véritable temple du football capable d’accompagner durablement le développement des Lions Indomptables et des générations futures.
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