Participation aux élections municipales: «On a un travail énorme à faire»

Peu d’électeurs votent aux élections municipales. La mairesse adjointe de Moncton, Paulette Thériault, le militant Jean-Claude Basque et le président de l’Association francophone des municipalités du N.-B., Yvon Godin, préféreraient l’inverse. Mais qui devrait agir?

Avec des élus proches des électeurs et des mesures aux conséquences concrètes, la politique municipale peut faire penser à la démocratie idéale. Pourtant, elle attire une part moins grande d’électeurs.

Le taux de participation moyen aux élections municipales du Nouveau-Brunswick a été de 42% en 2021. Il a été de 66% au scrutin provincial de 2024, selon Élections NB.

Bien sûr, tous les partisans de la démocratie souhaitent une diminution de l’abstention.

C’est le cas de la mairesse adjointe de Moncton, Paulette Thériault, du membre de la Coalition des activistes du Grand Moncton, Jean-Claude Basque, et du président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin.

«On a un travail énorme à faire», dit Mme Thériault.

C’est quand il faut désigner les responsables de cette tâche que les désaccords apparaissent.

 

Les Villes 

M. Basque pense que la Ville de Moncton devrait centraliser les informations sur les candidats aux sièges de son conseil municipal. Il suggère la publication sur un site internet de vidéos de présentation de cinq minutes.

«L’une des principales raisons du faible taux de participation aux élections municipales est la difficulté pour les électeurs de connaître les candidats et d’avoir accès à leurs plateformes», affirme la Coalition des activistes du Grand Moncton dans un communiqué de presse.

Une étude scientifique (voir l’encadré) confirme l’importance du mauvais accès à l’information dans les facteurs d’abstention aux élections locales. Or, l’abstention a été forte à Moncton en 2021: 67%.

Faute de mieux cette année, la Coalition des activistes du Grand Moncton a soumis un questionnaire aux candidats sur de multiples thématiques (transparence, investissement public, etc.). Elle a ensuite publié un rapport.

D’autres organismes ont tenté d’apporter de la clarté: la Coalition pour les transports actifs de Moncton avec un sondage et la Chambre de commerce pour le Grand Moncton avec un débat à l’U de M.

«Offrir aux gens l’accès à des informations sur les candidats à un endroit unique n’aurait que des bienfaits, mais c’est difficile à faire pour les villes, réagit Mme Thériault. Ce n’est pas leur mandat de promouvoir leurs candidats.»

 

Les associations municipales 

Elle s’interroge sur le rôle que devraient assumer l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick (UMNB) et l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

Le président de l’AFMNB, Yvon Godin, affirme que ses membres n’ont pas donné à l’association le mandat d’encourager directement la participation aux élections municipales.

«Notre mission est d’aider les villes à avoir des candidats ayant des profils diversifiés et un bon niveau. Mais si on réussit ça, le taux de participation va augmenter», soutient-il.

La littérature scientifique (voir l’encadré) confirme que la compétition donne envie aux citoyens de voter aux élections municipales.

«Ce serait le fun que la Province en fasse un peu plus au niveau des outils et de la publicité», dit néanmoins M. Godin.

 

Le gouvernement 

Une agente des communications du ministère des Gouvernements locaux, Vicky Lutes, note que le gouvernement a financé l’AFMNB et l’UMNB pour qu’elles encouragent la diversité dans les conseils municipaux.

Elle affirme cependant que la création d’un site internet rassemblant des informations sur les candidats relèverait de la responsabilité d’Élections NB.

La relationniste Karine Pitre dit que l’organisme a promu l’élection municipale par divers moyens : courrier, radio, télévision, réseaux sociaux, publicités numériques, etc.

«Pour ce qui est des candidats, Élections NB leur offre la possibilité de partager des données facultatives sur notre site Web, soit un numéro de téléphone, un courriel et un site Web», précise-t-elle.

Mme Pitre affirme que son organisme est incapable de s’impliquer davantage pour rester neutre.

«L’augmentation du taux de participation comme tel ne fait pas partie du mandat d’Élections NB», déclare-t-elle.

 

Connaissances politiques, facteur de participation

Plus un électeur connaît les programmes et les projets des candidats, plus il est susceptible de voter aux élections municipales.

C’est ce qu’a trouvé une chercheuse de l’Institut national de recherche scientifique (au Québec), Sandra Breux. Elle a détaillé ses résultats et sa méthode dans un article paru dans la Revue canadienne de recherche urbaine en 2022.

Elle a fait un sondage auprès de 3200 citoyens québécois en 2017. Elle a trouvé une corrélation entre les connaissances politiques que ceux-ci estimaient avoir et leur participation à un scrutin municipal.

«Cutler et Matthews soutiennent que les citoyens ont moins d’informations pour les élections municipales que pour les autres élections», a toutefois noté Mme Breux.

La chercheuse a suggéré que l’agence publique responsable de la supervision des élections exige que les candidats soumettent une plateforme électorale, même minimale. Les électeurs auraient alors une offre structurée, selon elle.

Elle a listé d’autres facteurs influençant la participation dans un article publié en 2017 par la même revue.

En voici quelques exemples:

La croissance de la population peut atténuer le sentiment d’appartenance à la collectivité et l’envie de voter.

Une forte densité de population peut augmenter le nombre de locataires alors que les propriétaires votent davantage.

L’intensité de la compétition incite les citoyens à s’y intéresser, ce qui est moins susceptible d’arriver en présence de nombreux candidats sortants.

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