Jusqu’à ce que ses forces le lui permettent, George Tarer était une fidèle parmi les fidèles de cette « Grand’église », comme elle aimait l’appeler. C’est ici, au cœur de ce lieu emblématique de Pointe-à-Pitre, qu’elle venait puiser l’énergie qu’elle consacrait ensuite aux autres. Lors de cet ultime hommage, bien au-delà de la figure publique, ce sont les multiples facettes de la femme qui se sont révélées : croyante, engagée, mais aussi profondément humaine et accessible.
Dans l’assemblée, l’émotion était également portée par ceux qui partageaient son intimité. Car George Tarer, c’était aussi une mère, une grand-mère et une arrière-grand-mère, dont la présence chaleureuse marquait profondément son entourage. Son petit-fils, Karel Tarer, a tenu à saluer une femme à la fois élégante et simple.
« Si je devais la décrire, je dirais avant tout qu’au-delà de son élégance et de sa coquetterie, elle avait beaucoup de simplicité. Vous pouviez aller vers elle, peu importe qui vous êtes, elle savait vous mettre à l’aise et prendre le temps de vous écouter. J’aimais ce temps suspendu à ses côtés. »
Karel Tarer, son petit-fils
L’hommage s’est aussi tourné vers son époux disparu, à travers les mots de son gendre, Harry Nirelep.
« J’ai une pensée pour le regretté Pierre Tarer. Tu auras été son compagnon de vie pour la traversée de tous les siècles (…) Aujourd’hui, Pierre et George reposent au champ des roseaux. »
Harry Nirelep, son gendre
Comme lors de toute cérémonie catholique, le cierge pascal allumé est venu rappeler son baptême et la foi qui a guidé toute son existence. Une foi vivante, incarnée dans l’action. Le curé de la paroisse, le père Gérard Foucan, a salué une femme profondément engagée.
« À travers ses nombreux engagements, George ne s’est pas contentée de belles paroles. Elle s’est réellement donnée. Elle a pris soin des autres. Une servante fidèle qui entre aujourd’hui dans la paix et la joie. »
Père Gérard Foucan, curé de la paroisse de Saint-Pierre et Saint-Paul
Tout au long de sa vie, George Tarer a cru en cette rencontre ultime avec Dieu. Une espérance qui aura nourri ses actions et donné sens à son engagement.
Mère de 7 enfants, elle a été la première sage-femme diplômée en Guadeloupe, surveillante générale du service de maternité et a officié durant 37 ans au Centre hospitalier de la Guadeloupe, donnant naissance à plusieurs générations de Guadeloupéens. Elle s’est aussi mise à leur service, en tant qu’adjointe au maire de Pointe-à-Pitre, sous l’ère Henri Bangou. Par ailleurs, consciente des difficultés rencontrées par les femmes ici-bas, elle s’est faite militante au service de leurs droits.
Aujourd’hui, c’est avec cette certitude qu’elle est accompagnée par les siens : celle d’une vie pleinement vécue, tournée vers les autres, et désormais achevée dans la paix.
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