Pour une société qui écoute réellement les jeunes

À l’attention des personnes alliées de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, à l’approche des élections municipales et scolaires, la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) se doit d’insister sur le manque d’intégration de la jeunesse dans le processus démocratique et dans la participation à la vie municipale.

Durant les dernières semaines, la vice-présidente et moi-même avons eu la chance de faire des entrevues avec plusieurs médias, concernant le désintérêt des jeunes envers la politique municipale. La FJFNB reste ferme sur sa position; ce sont plutôt les contraintes de participation à la vie municipale et au sein du système d’éducation qui ne donnent pas aux jeunes la chance de s’y intéresser et de s’y épanouir.

À l’Assemblée générale annuelle de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, les membres ont refusé d’appuyer la FJFNB dans notre projet de vote à 16 ans. Cependant, nous réitérons qu’abaisser l’âge de vote à 16 ans au Nouveau-Brunswick est la façon de garantir une relève dans nos conseils municipaux et de donner de bonnes habitudes démocratiques aux jeunes. Pour ce faire, nous en appelons encore à la création d’un cours d’éducation civique qui serait implanté dans chacun des systèmes scolaires de la province, pour que les jeunes soient mieux informés des rôles et responsabilités des conseils municipaux, la forme de gouvernance la plus proche d’elleux. Il s’agit d’inclure des personnes électrices à l’intérieur du système d’éducation afin qu’iels soient habiletés à devenir des personnes citoyennes engagées, conscientes de leur rôle et de leur responsabilité dans la société.

Il est vrai que certains jeunes s’intéressent peu à la politique municipale. Toutefois, l’école constitue souvent un premier lieu d’apprentissage de la vie démocratique et de l’engagement citoyen. C’est un milieu où différentes personnalités se rencontrent, où des leaders émergent et où plusieurs jeunes souhaitent contribuer à quelque chose de plus grand qu’iels-mêmes, notamment par l’entremise des conseils des élèves. La FJFNB observe cependant que plusieurs de ces organismes, qui devraient avoir pour mission de représenter et de porter la voix des élèves, sont parfois limités à un rôle davantage axé sur l’organisation d’activités. Certains jeunes qui désirent s’impliquer davantage peuvent avoir l’impression que leur participation aux discussions et aux décisions demeure restreinte. Cette situation met en lumière certains défis liés à l’équilibre des responsabilités et du pouvoir entre les adultes et les élèves dans un système qui valorise pourtant la participation et l’inclusion.

Par ailleurs, le rôle des conseils des élèves semblait, à l’époque de la création des écoles polyvalentes dans les années 1970, occuper une place plus importante dans le développement du leadership étudiant et dans l’émergence d’une nouvelle génération de leaders acadiens et francophones. Aujourd’hui, les limites entourant la participation étudiante soulèvent des questions qui mériteraient d’être réfléchies non seulement par les jeunes et le système d’éducation, mais également par l’ensemble de la société. Puisque les écoles occupent une place centrale dans la communauté, il est pertinent de se demander dans quelle mesure cette réalité est réellement connue et comprise du grand public.

Selon nous, la situation actuelle des conseils des élèves s’explique en partie par l’absence d’un cadre clair définissant leur rôle, leurs responsabilités et leur autonomie. Il n’existe présentement que très peu de normes ou de balises entourant leur fonctionnement. Nous croyons qu’il serait important de mieux encadrer et soutenir ces instances afin de permettre aux jeunes de s’épanouir pleinement dans leur gouvernance scolaire, de développer leurs compétences en leadership et de renforcer leur intérêt pour l’engagement citoyen et politique, notamment au niveau municipal.

La FJFNB est en accord avec l’affirmation que l’Acadie a besoin de renouveau dans son leadership, justement, cela fait plusieurs années que nous le réaffirmons haut et fort et que nous continuerons à le crier jusqu’à tant que des changements drastiques soient implantés. Ce renouveau passe ultimement par les deux priorités que notre organisme réclame depuis un certain temps maintenant.

Enfin, la FJFNB tient à féliciter et souligner les plus «jeunes» personnes candidates qui se présentent aux élections municipales dans leurs quartiers respectifs. Vous démontrez que la jeunesse s’intéresse bel et bien aux enjeux municipaux et qu’elle a son mot à dire. Nous nous réjouissons du travail effectué dernièrement par la création des conseils jeunesse des districts scolaires et des dispositions prises dans la politique d’aménagement linguistique et culturelle. Nous travaillons activement avec nos partenaires afin de poursuivre la discussion.

La jeunesse étant capable de s’organiser et de vivre pleinement dans la société, dans une réalité qui nous empêche d’y accomplir ces choses, le vote à 16 ans est l’inclusion des jeunes dans les processus démocratiques. Le conseil des élèves dans une école caractérise la formation du leadership communautaire et sociétal qui est souligné par la communauté acadienne plus vivement aujourd’hui. Ses priorités ne peuvent qu’être concrétisées par une refonte majeure et plus spécifiquement structurelle du système d’éducation francophone du Nouveau-Brunswick, par la Loi sur l’éducation.

Antoine Chiasson
Président
Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB)

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