Pourquoi de plus en plus de Guyanais se tournent vers Starlink

À Cayenne, Olivier Balias attend depuis le 4 février. Plus de téléphone, plus d’Internet dans son bâtiment situé près du giratoire de Mirza, malgré un abonnement à la fibre professionnelle chez un opérateur historique. Ce lundi matin, un technicien a installé sur son toit une antenne Starlink. En une heure trente, la connexion était rétablie.

Pourquoi un tel basculement

Le scénario se répète dans plusieurs quartiers du littoral. À Saint-Georges, un différend récent entre les opérateur a poussé de nombreux habitants à chercher une alternative. À Montjoly, pourtant raccordée à la fibre depuis le 31 janvier 2026, la chute de bambous sur les câbles a privé tout un quartier de connexion pendant six jours. Dans les communes du fleuve et de l’intérieur, la situation est plus marquée encore : Maripasoula, Papaïchton, Camopi ou Trois-Sauts disposent rarement d’un réseau filaire suffisant.

C’est dans ce contexte que Starlink, service de l’entreprise américaine SpaceX, dirigée par le milliardaire Elon Musk, a trouvé son public guyanais.

Une technologie venue du ciel

Starlink fonctionne grâce à une constellation de milliers de satellites en orbite basse. Chez l’utilisateur, une antenne fixée à l’extérieur capte le signal et le redistribue dans le logement via un boîtier wifi. Aucun câble n’est nécessaire entre le domicile et le réseau. Seule condition : l’antenne doit avoir une vue directe sur le ciel.

Plus d’un millier de kits depuis 2024

Edric Richards, gérant de la boutique N.O.V.I connected zone Galmot à Cayenne, a écoulé plus d’un millier de kits depuis mars 2024. « Dès qu’un utilisateur voit que ça fonctionne, c’est du bouche à oreille. Ça va crescendo », observe-t-il. Sa clientèle couvre les 22 communes. Particuliers, professionnels, entreprises du BTP, police, gendarmerie, armée, mairies et écoles figurent parmi les acheteurs. Les hôpitaux de Maripasoula, Papaïchton, Camopi, Grand-Santi ou Saint-Georges utilisent désormais Starlink pour leurs transmissions médicales.

Le kit résidentiel est facturé 599,99 euros, avec un abonnement à partir de 50 euros par mois. Le kit Mini, destiné à la mobilité, coûte 479,99 euros, avec un forfait à partir de 40 euros mensuels.

Trois installations par jour

Sur le terrain, Epaul Nosiles, installateur pour N.O.V.I connected depuis six mois, pose en moyenne trois antennes par jour. Il en a déjà équipé plus de deux cents, presque exclusivement des modèles fixes. Trois options selon le bâti : fixation sur la planche de rive, pose sur la toiture à l’aide d’un mât, ou installation au sol, déconseillée pour des raisons de vol. Les principales difficultés tiennent à l’accès aux toitures, à la végétation dense qui bloque le signal, et aux routes en mauvais état pour rejoindre certains hameaux.

Des limites à connaître

La technologie n’est pas sans contrainte. Sous un couvert forestier dense, la connexion s’interrompt. Les fortes pluies, en revanche, n’empêchent pas le fonctionnement du service. Pour Olivier Balias, après une demi-journée d’usage, le verdict est positif. « Le débit est de loin supérieur à la 4G », indique-t-il. À 70 euros mensuels, l’abonnement lui paraît compétitif. Une collègue habitant près de l’aéroport l’a déjà interrogé pour s’équiper à son tour.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.