Tour du monde à moto : Kinga, nomade polonaise, marque une halte en Guyane

Huit années qu’elle avale les kilomètres. Depuis l’Australie, Kinga Tanajewska a traversé l’Asie centrale, l’Iran, les Balkans, l’Afrique du Sud. Elle vient d’aborder le continent américain par le sud, et c’est par le fleuve Maroni qu’elle a posé pied sur le territoire européen.

Une arrivée par le fleuve, sous l’aile d’un motard local

La voyageuse est arrivée du Suriname par voie fluviale. Un motard surinamais l’a mise en contact avec Marc Servais, motard saint-laurentais, via le réseau international d’entraide entre passionnés de deux-roues. Ce dernier l’a accueillie et accompagnée pendant son séjour.

L’arrivée en Guyane représentait une étape symbolique : l’entrée sur le territoire européen. « Elle était contente, mais un peu inquiète à l’idée d’entrer en Europe », rapporte Marc Servais. Les démarches douanières et l’assurance de la moto se sont réglées en quelques heures. « Les douaniers étaient super sympas et parlaient très bien anglais. Elle a même été surprise que tout aille aussi vite », explique-t-il.

Une ingénieure polonaise devenue nomade

Née en Pologne, Kinga Tanajewska a émigré en Australie en 2005. Diplômée en génie civil, elle y a travaillé dans les mines de fer puis dans la construction. En septembre 2015, une collision frontale à moto change tout : jambe et bras cassés, machine détruite. Suivent un syndrome de stress post-traumatique, un burn-out, une dépression, puis un divorce.

En avril 2017, indemnisée par l’assurance, elle quitte son emploi, vend son logement à Sydney et prend la route. Corée du Sud, Russie, Asie centrale, Europe, Afrique : la pandémie de Covid-19 la bloque deux ans sur le continent africain. Elle a depuis traversé les Amériques par le sud.

« J’ai une formation d’ingénieur civil, mais je suis juste une nomade. C’est ma vie maintenant. Et je l’adore », résume-t-elle.

Le goût des routes inconnues

Quand on l’interroge sur ses régions de prédilection, elle répond : « Mon voyage est un voyage continu vers l’inconnu. Mais les pays du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l’Iran remportent la palme. » L’Éthiopie l’a aussi marquée : « Tous les cent kilomètres, tout change. La façon dont les gens sont habillés, la langue, la façon dont ils construisent leurs maisons. Toute la culture. »

Elle voyage en autonomie, équipée pour camper et filmer son périple. « Tu sens vraiment l’aventure en elle. C’est quelqu’un de joyeux, heureuse. Ça donne à réfléchir », confie Marc Servais.

Cap sur l’Europe, retour prévu en Guyane

Après Saint-Laurent, Kinga a poursuivi vers Sinnamary, où elle a séjourné à la Crique Toussaint, puis Kourou et Cayenne. Elle a laissé sa moto sur place et s’est envolée pour Paris dimanche 10 mai. Plusieurs conférences l’attendent en Europe. Selon Marc Servais, elle reviendra ensuite en Guyane récupérer sa machine pour poursuivre la route.

Quant à ses rêves, elle dit : « Je vis déjà mon rêve. Mon plus grand rêve maintenant est de rester en bonne santé, de ne pas mourir sur la route. Et de voir le plus de choses possible. » Et un mot pour conclure : « Vivez pleinement votre vie. La vie n’est pas une répétition. »

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.