Des milliers de participants à travers le monde observent et photographient les espèces sauvages présentes autour d’eux avant de partager leurs données. C’est le principe du City Nature Challenge. Les résultats officiels de l’édition 2026 de ce grand défi international de science participative sont désormais connus. Cette année, la Guyane se place en cinquième place sur les quelque 770 territoires inscrits au défi. En seulement quatre jours d’inventaire, 23 097 observations naturalistes ont été réalisées, permettant de répertorier 3 819 espèces différentes. Cette mobilisation a réuni 251 observateurs et 693 identificateurs. Le bon classement de la Guyane est dû au nombre d’espèces observées et identifiées.
Des découvertes remarquées à l’échelle internationale
Certaines observations réalisées en Guyane ont particulièrement retenu l’attention de la communauté internationale sur iNaturalist. Parmi les découvertes les plus marquantes figure l’observation d’une espèce rarissime de plante carnivore, signalée pour la première fois en Guyane, dans un fossé en bord de route à Iracoubo.
À l’inverse, une autre découverte suscite de fortes inquiétudes : l’observation d’une plante pouvant appartenir à un espèce exotique envahissante mondiales, au niveau de la crique Gabriel. Cette présence pourrait représenter une menace écologique importante pour les milieux naturels guyanais. « Jusqu’à présent, on ne connaissait cette espèce que sur l’île de Cayenne, indique Rémi Girault, botaniste et membre du groupe qui fait la promotion du challenge en Guyane. Le City Nature Challenge a permis de la découvrir à cet endroit ».
Une biodiversité exceptionnelle encore à analyser
Ces résultats confirment une nouvelle fois l’extraordinaire richesse de la biodiversité guyanaise ainsi que le dynamisme de sa communauté naturaliste. Ils montrent aussi l’intérêt croissant des programmes de science participative pour mieux documenter la faune et la flore du territoire. « Quand on a participé pour la première fois, il y a trois ans, il y avait 120 participants, souligne Rémi Girault. L’an dernier, nous étions 150 et cette année, on dépasse les 200 participants. »
Si les espèces citées plus haut sortent de l’ordinaire, ce défi nature représente également une autre façon de poser son regard sur son environnement. « On a une contributrice, Matoury 51, qui identifie beaucoup de plantes du jardin. C’est vraiment quelqu’un qui participe beaucoup. Ce challenge, c’est aussi cela : aller voir même du côté des mauvaises herbes du jardin, regarder les espèces qu’on n’a pas l’habitude de regarder et les regarder. »
Les données collectées lors du concours en Guyane sont visibles en ligne. Toutefois, les relais l’indiquent : il faudra davantage de recul pour analyser plus finement l’ensemble des données récoltées et mesurer pleinement les enseignements scientifiques de cette édition 2026 du City Nature Challenge.
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