Mise en œuvre depuis janvier 2023, la première phase du programme financé par l’Union Européenne arrive à son terme. Un atelier de clôture rassemble les différentes parties prenantes ce 22 avril 2026 à Yaoundé.
Trois ans après le début de la mise en œuvre du programme transfrontalier de promotion des solutions durables aux situations de déplacement au Cameroun et en République centrafricaine (SOLID), le temps est au bilan. Les autorités centrales, régionales administratives, locales, institutions étatiques, partenaires financiers et institutionnels, ainsi que les communautés du Cameroun et de la RCA sont réunis à Yaoundé. Au cours de l’atelier de clôture dudit programme, ils présentent les réalisations, partagent les leçons apprises et se projettent sur les actions futures.
En effet, durant les trois dernières années, le programme défini au sortir de la déclaration de Yaoundé du 19 juin 2022 a couvert 39 communes dans la zone frontalière Cameroun-République Centrafricaine. 19 communes des régions d’Equateur et de Yade en RCA et 10 communes dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun ont bénéficié des avantages du programme. Mis en œuvre par les ONG Danish Refugee Council (DRC), Action contre la faim (ACF), Care international au Cameroun et le Norwegian Refugee Council (NRC) au Cameroun et en RCA, le programme a permis d’améliorer les conditions de vie de près de 180 000 personnes à travers des initiatives concrètes, innovantes et durables.
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Financé par l’Union Européenne à hauteur de 12,5 milliards de FCFA sur 42 mois, le programme visait la promotion des solutions durables et inclusives pour les populations réfugiées et hôtes dans les zones frontalières du Cameroun et de la RCA. Zone où la crise persistante en RCA a favorisé depuis 2013, un afflux massif de personnes vers le Cameroun. Jusqu’en 2025, les données collectées indiquent la présence de près de 251 000 réfugiés centrafricains au Cameroun, exerçant une pression accrue sur les ressources et les infrastructures publiques.
Des fruits du programme SOLID
Pour alléger l’impact lié à cette réalité, SOLID a renforcé l’accès aux services sociaux de base tant pour les réfugiés que pour les populations locales, faciliter l’insertion socio-économiques à travers le soutien aux activités génératrices de revenus, faciliter les échanges entre les régions transfrontalières’’, a déclaré le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Gabriel Mbairobe, représentant le ministre des Relations extérieures. Aussi d’autres retombées de cette initiative sont entre autre ‘’la production de la documentation civile dont les actes de naissance, la construction des ouvrages pour l’adduction d’eau potable, des appuis dans les centres de santé des zones reculées, la formation des personnes sur la protection des civiles’’, a confié le chef de file du consortium SOLID, Benoit COUTURIER.
Toutes ces réalisations sont à l’origine de la satisfaction du gouvernement centrafricain. Car le programme SOLID est exécuté ‘’dans le bon sens, dans le sens des recommandations des autorités camerounaises et centrafricaines. Il s’inscrit dans la mise en œuvre des politiques de décentralisation des deux pays’’, a déclaré Mesmin Guenguebe Mbari. Le conseiller à la primature de la RCA voudrait que la phase 2 du programme connaisse une forte implication des autorités locales.
Solidarité agissante en contexte mondial complexe
L’Union Européenne qui finance le programme a voulu mettre en exergue la capacité du Cameroun à accueillir les réfugiés sur son sol. L’organisation ‘’a travaillé avec les ONG internationales et nationales pour apporter un soutien aux réfugiés et salue la solidarité des communautés hôtes et des acteurs gouvernementaux qui se mobilisent dans un contexte mondial de plus en plus complexe’’, lance Philippe LAFOSSE, adjoint du chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun.
Dans le même sens, le ministre de l’Agriculture, en ouvrant l’atelier, a précisé qu’il ne s’agit pas seulement d’un moment de faire le bilan comptable du programme, mais ‘’d’un moment de réflexion stratégique’’. Ce bilan n’étant pas une fin en soi, mais ‘’un point d’ancrage pour le déplacement des populations’’. Pour lui, la question des réfugiés ne se limite pas à l’amélioration de leurs conditions de vie. ‘’Au-delà des souffrances, c’est une question de sécurité régionale. En travaillant main dans la main avec la République Centrafricaine, nous trouvons que les frontières ne sont pas des barrières, mais des portes pour une ouverture globale’’, a-t-il indiqué. Il conviendra ainsi pour la phase 2 qui s’annonce de pérenniser les acquis et de tirer les leçons des manquements.
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