Procès de l’affaire Martinez Zogo au Cameroun: un téléphone au cœur des interrogations sur l’enquête
Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena
Selon le témoignage du colonel Jean-Pierre Otolou, les deux accusés échangeaient sur le cas Martinez Zogo via un autre téléphone qui aurait depuis disparu, le commissaire du gouvernement n’ayant pas jugé nécessaire de le retrouver selon lui. Ce dernier a aussi révélé que les traces du téléphone en question – un iPhone 12 – avaient été retrouvées chez un réparateur du quartier Biyem-Assi, à Yaoundé. C’est la belle-sœur du réparateur, employée au domicile de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui l’y avait apporté. Interrogée à son tour, celle-ci aurait déclaré avoir reçu le téléphone de sa patronne. L’appareil n’a jamais été transmis aux enquêteurs.
Avocat des ayants droit de la famille de Martinez Zogo, Maître Calvin Job dénonce un sabotage interne : « Ce qui est encore plus grave dans cette affaire, c’est qu’on a un enquêteur qui fait tout pour obtenir un téléphone et que, finalement, le directeur de l’enquête, qui est le commissaire du gouvernement, nous fait comprendre que ce n’est pas nécessaire de trouver ce téléphone alors que c’est un élément fondamental. Cela nous interpelle ».
Toujours selon le témoignage du colonel Otoulou, Maître Tchoungang, l’avocat de Jean-Pierre Amougou Belinga, se serait porté garant pour ramener à la fois le téléphone et sa propriétaire auprès des enquêteurs. L’ancien bâtonnier s’en défend, évoquant un témoignage à charge.
Les audiences reprennent ce mardi avec la suite du contre-interrogatoire du même témoin.
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