Sénégal : le maire de Dakar craint des dérives politiques pires que celles sous Macky Sall – La Nouvelle Tribune
Le maire de Dakar, Abass Fall, a appelé ce 9 mai, les militants du Pastef à se mobiliser et à rester vigilants face à ce qu’il perçoit comme une menace politique grandissante. Ses déclarations interviennent alors que les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko s’affichent désormais ouvertement au sommet de l’État.
Un avertissement adressé aux militants
Devant ses partisans, Abass Fall a établi un parallèle direct avec la période Macky Sall, estimant que les pratiques à venir pourraient surpasser en gravité celles de l’ancien régime : « Ce que l’on a vécu avec Macky Sall, on risque de subir pire avec un autre… C’est-à-dire toutes les manigances qu’il faisait contre Ousmane Sonko et les responsables du parti. » Le maire de Dakar, également figure influente du Pastef, a invité la base militante à anticiper et à se tenir prête.
Une fracture au sommet qui nourrit les inquiétudes
Ces propos reflètent un climat de friction entre les deux figures de l’exécutif sénégalais. Début mai 2026, le président Faye avait publiquement mis en garde contre ce qu’il décrivait comme une « personnalisation excessive » du Pastef autour de son Premier ministre, affirmant sur la RTS que le parti risquait sa « perte » si ses dirigeants ne changeaient pas de cap. Il avait également rappelé que le maintien de Sonko à la Primature relevait de sa seule décision.
La semaine suivante, Faye a renvoyé à l’Assemblée nationale, pour une seconde lecture, la révision du Code électoral adoptée le 28 avril par les députés du Pastef. Ce texte, contesté par l’ensemble de l’opposition parlementaire, aurait neutralisé l’effet des condamnations judiciaires pesant sur Sonko — actuellement inéligible à la présidentielle — en vue du scrutin de 2029.
Faye face à l’échéance du 14 mai
Ce samedi 9 mai, l’Assemblée nationale a définitivement confirmé la réforme en seconde lecture, avec 133 voix pour et 5 contre sur 138 votants. Le groupe parlementaire Takku Wallu a boycotté la séance, dénonçant la convocation précipitée de la plénière comme une violation du règlement intérieur du Parlement.
Le président Faye dispose désormais de deux jours pour promulguer le texte. À défaut de signature présidentielle ou de saisine du Conseil constitutionnel avant le 14 mai 2026, la Constitution sénégalaise — en son article 75 — confère au président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, le droit de procéder lui-même à la promulgation. Une disposition rarement utilisée dans l’histoire institutionnelle du pays, susceptible de placer Faye dans une situation de blocage pouvant être contournée sur le plan constitutionnel.
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