Le restaurant Lima Peruvian Kitchen est le premier établissement qui propose de la cuisine de ce coin de pays de l’Amérique du Sud dans les Maritimes. Mais ce ne sera pas le dernier.
Rodrigo Rogo a de grandes ambitions.
Seulement quelques semaines après avoir lancé son entreprise sur la rue Robinson, à Moncton, l’homme d’affaires de 32 ans planifie déjà d’ouvrir un second restaurant à Halifax en 2027.
Celui qui a grandi à Lima, au Pérou, est arrivé au Nouveau-Brunswick avec sa famille en 2022.
«Je travaille dans la restauration depuis 13 ans. J’ai aussi un diplôme en gestion de restaurants. J’ai commencé ma carrière comme serveur et j’ai gravi les échelons un à un.
«Mon fils n’avait que six ans quand nous sommes arrivés et il ne parlait pas un mot d’anglais. Mais il a appris rapidement. Ma fille est née ici en 2024, elle est donc canadienne.»
Étrangement, il songeait à réorienter sa carrière,mais la restauration l’a rapidement rattrapé.
«Je voulais en fait m’éloigner des restaurants quand ma fille est née parce que c’est un métier très exigeant et je voulais passer plus de temps avec ma famille», raconte-t-il.
«Je cherchais un autre type d’emploi, mais comme il n’y avait pas encore de restaurants péruvien dans les Maritimes, je voyais une belle opportunité de mettre en vedette notre excellente cuisine.»
Son cousin qui vit aux États-Unis s’est rapidement montré intéressé à devenir partenaire d’affaires.
«Je voulais agir rapidement pour être le premier à entrer dans ce marché .Le premier coup de poign est toujours le plus puissant!»

Une cuisine variée
La cuisine péruvienne varie selon la région dans laquelle on se trouve.
C’est aussi une cuisine qui a incorporé les influences des différents groupes qui ont immigré au Pérou au fil des ans.
«Nous avons une grosse population chinoise qui nous a apporté toute la culture et la technique du wok», souligne-il.
«C’est comme ça qu’est né le lomo saltado (un mets traditionnel composé de bœuf, de sauce soya, de tomates et d’oignons servi avec des pommes de terre et des frites).
Les ingrédients utilisés dans les plats sont également très variés.
«Le long de la côte, on trouve beaucoup de produits de la mer. Si vous allez dans les montagnes au nord, vous trouverez des mets à base d’amidon. Nous avons plus de 4000 variétés de pommes de terre au Pérou», indique le restaurateur.
Selon lui, le mets le plus populaire dans son pays d’origine est le Ceviche, un plat préparé avec du poisson (blanc) mariné et de la lime. On y ajoute des oignons, des patates douces et du maïs.
Des projets plein la tête
Rodrigo Rogon est ambitieux et il songe déjà à introduire un concept de rôtisserie péruvienne à Moncton.
«Je pense que c’est quelque chose qui pourrait être très populaire ici.»
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les profits ne sont pas la seule motivation de l’homme d’affaires.
«Faire de l’argent n’est pas mon seul objectif. Je souhaite aussi devenir un ambassadeur de la cuisine péruvienne dans les Maritimes. Je veux bien représenter mon pays d’origine, même si je suis à plus de 6000 km de Lima», avance-t-il.
«Je suis encore jeune et j’ai l’énergie pour réaliser tous ces projets.»
Sauf que sa belle aventure au Nouveau-Brunswick lui a imposé de nombreux sacrifices
«Mes parents viennent passer plusieurs mois avec nous et nous aident à prendre soin des enfants. Pour moi, le plus difficile a été de laisser mes grands-parents derrière. Quand je suis parti, en 2022, c’est la dernière fois que je les ai vus vivants», précise-t-il, visiblement ému.
«Je n’ai pas pu aller à leurs funérailles parce que j’étais en plein milieu du processus d’immigration avec ma famille. Je n’ai jamais pu leur dire au revoir.»
Crédit: Lien source