Une proposition de loi sur le référendum fait bouillonner tout le Congo: « Réaffirmer que le pouvoir suprême appartient au peuple »
Pour ce faire, l’USN compte faire passer un texte au Parlement, quasi totalement acquis aux partisans du pouvoir, après la farce électorale de 2023 qui a garanti une majorité de plus de 90 % aux partis favorables au président Tshisekedi.
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La proposition de loi, déposée par le député tshisekediste Paul-Gaspard Ngondankoy, fixe les mesures d’organisation d’un référendum en RDC. Pour l’opposition politique, souvent non représentée au Parlement, il s’agit ni plus ni moins que de préparer les conditions pour « un coup d’État constitutionnel ».
La majorité hausse les épaules. Explique qu’elle veut donner la parole au peuple. Que c’est à lui, et lui seul, que doit revenir le dernier mot. « Trahison », répond l’opposition qui rappelle « le chaos de l’organisation du dernier scrutin de 2023 par l’actuelle majorité ». Pour ces opposants, la tentation du pouvoir est d’organiser un référendum qui doit contourner l’écueil des articles 219 et 220. Selon le scénario esquissé par les pro-Tshisekedi, il ne s’agit plus de réviser la Constitution, mais bien d’écrire un nouveau texte qui serait l’émanation d’une volonté populaire largement exprimée lors du référendum.
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Un 3 juin explosif
Une partie de l’opposition politique congolaise, réunie autour de cadres comme Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo ou Moïse Katumbi, a lancé, le 22 mai dernier, la plateforme C64, qui met en avant l’article 64 de la Constitution, appelant les Congolais à se dresser contre tous ceux qui voudraient « confisquer » le pouvoir. Ce mouvement a appelé, ce mercredi 27 mai, à l’organisation d’une ville morte à Kinshasa le 3 juin prochain. Elle espère ainsi « mobiliser la population de Kinshasa » et « démontrer à la communauté internationale que le peuple congolais est opposé à cette tactique de Tshisekedi », explique un des cadres du C64.
« Ce principe de la ville morte a le mérite de ne pas jeter des manifestants dans la rue », explique un autre cadre de la plateforme de l’opposition, qui ajoute : « on sait très bien que de la population de Kinshasa est sous pression, qu’elle vit dans la peur ». L’opposant met en avant les « wewa », ces motards-taxis largement issus de la même communauté ethnique que le président Tshisekedi, mais aussi « les membres de la milice du Front du progrès social » (FPS), « la véritable armée personnelle de l’UDPS, le parti du clan Tshisekedi ».
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La réponse de l’USN
Suite à cet appel, il n’a fallu que quelques heures pour que le mouvement de la jeunesse de l’UDPS/Tshisekedi appelle ses partisans à descendre dans la rue le… 3 juin, pour « une grande marche de soutien au référendum » et « réaffirmer que le pouvoir suprême appartient au souverain primaire : le peuple ». Le vice-président de l’UDPS/Tshisekedi ajoute encore qu' »il est demandé à chacun de vaquer librement et sereinement à ses occupations quotidiennes ».
Le bras de fer est lancé. La cible de cette marche, clairement identifiée.
L’opposition, incapable de parler d’une seule voix (le mouvement « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila, Franck Diongo ou Seth Kikuni, ne se retrouve pas dans le C64), « sait que le combat peut paraître disproportionné. Mais les conseillers actuels de Tshisekedi étaient derrière Kabila en 2015. Ils ont quand même dû céder le pouvoir ». « Si nous ne bougeons pas, Tshisekedi aura beau jeu de dire que le peuple congolais veut qu’il se maintienne au pouvoir. Ce n’est pas le cas, on le montrera et la peur changera de camp », prévoit un autre cadre de C64. « Il faudra que nous parlions avec Kabila, mais aussi avec tous les Congolais qui sont soumis à la tyrannie du régime autocratique de Tshisekedi. »
La rébellion de l’AFC/M23 qui détient des territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sera-t-elle associée à cette union de l’opposition ? « Nous sommes tous des opposants », répondent les cadres de C64 et des membres de Sauvons le Congo. « Le 3 juin doit être le début d’un mouvement qui devra s’inscrire dans la durée et fédérer largement, bien au-delà des mouvements politiques », prévient un des interlocuteurs, qui vit pour l’instant à l’étranger et insiste pour rester anonyme. « Nos familles sont au pays, parfois à Kinshasa. Parler publiquement, c’est les exposer. »
Ce jeudi en milieu d’après-midi, le quartier populaire de Masina, sur la route entre le centre de Kinshasa et l’aéroport international de N’djili, a été la cible de violentes manifestations. Des bandes de jeunes manifestants ont incendié des pneus et perturbé la circulation aux cris de « Non au changement de la Constitution », « Non au troisième mandat de Tshisekedi ».
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