La République démocratique du Congo est en état d’alerte sanitaire. Le 15 mai 2026, le ministère congolais de la Santé a officiellement déclaré une épidémie d’Ebola dans la province d’Ituri, au nord-est du pays. Le lendemain, l’OMS déclarait l’urgence de santé publique de portée internationale. C’est la 17e fois que ce pays affronte Ebola depuis 1976, mais pour la première fois, c’est la souche Bundibugyo, plus rare, qui est en cause.
L’épidémie touche actuellement trois provinces et treize zones de santé. Les bilans officiels font état de 121 cas confirmés, 17 décès confirmés, et plus de 1 077 cas suspects avec 238 décès suspects recensés. Le ministre de la Santé Roger Kamba a reconnu une dynamique ascendante, avec un taux de positivité oscillant entre 30 et 35 %, signe d’une circulation encore soutenue du virus. Pour contenir la propagation, 3 600 personnes-contacts font l’objet d’un suivi quotidien.
Je peux vous assurer qu’au jour d’aujourd’hui, il n’y a pas de cas en dehors de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les Américains avaient développé un traitement, ce qu’on appelle un anticorps monoclonal, qui agit sur les trois types d’Ebola. Nous avons demandé de nous disponibiliser cette molécule-là.
Roger Kamba, Ministre de la santé publique, Hygiène et prévoyance sociale
La souche Bundibugyo, responsable de cette épidémie, ne dispose d’aucun vaccin ni traitement homologué, contrairement à la souche Zaïre, la plus virulente, responsable de la plupart des épidémies précédentes. L’OMS a toutefois identifié plusieurs vaccins et traitements candidats susceptibles d’être évalués dans le cadre d’essais cliniques. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies pour sa part s’est engagé à mettre à disposition un vaccin contre la souche Bundibugyo d’ici la fin de l’année 2026.
Nous avons l’expérience, nous avons l’expertise, et dans les traitements justement de cette maladie, la prévention, l’information, la sensibilisation, la communication communautaire est un élément essentiel. Ici, à la suite évidemment du Président de la République qui est particulièrement mobilisé, mais aussi tous les membres du gouvernement directement concernés par la transversalité du sujet ne sommeillent pas.
Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de la communication et Médias
Le directeur général de l’OMS s’est rendu en République Démocratique du Congo, affirmant que si le pays a vaincu Ebola à seize reprises, la 17e fois ne sera pas différente, appelant toutefois à agir ensemble et sans délai. En attendant les résultats des essais cliniques, la riposte repose sur la surveillance épidémiologique, le dépistage rapide, l’isolement des patients, l’engagement communautaire et les enterrements sûrs et dignes des piliers éprouvés qui ont permis à la RDC de surmonter seize fois ce fléau.
Crédit: Lien source